DÉPART POUR LONDRES
Le vaisseau mouillé à l'entrée du Fernand-Vaz était le Maranée, capitaine Pitts, en chargement pour Londres. J'avais perdu presque tous mes bagages dans la désastreuse rencontre de l’Ashango. Quant à la maison et aux magasins que j'avais édifiés à Plateau. j'en avais fait présent aux missionnaires américains du Gabon, qui désiraient fonder là un enseignement chrétien pour les indigènes. Je n'avais donc alors ni argent ni propriété; mais le capitaine consentit de fort bonne grâce à me recevoir comme passager. Nous mîmes à la voile dix jours après mon arrivée sur le littoral.
C'est ainsi que je quittai les côtes de l'Afrique équatoriale de l'Ouest, accompagné des vœux et des marques de sympathie des indigènes dont le caractère offre un si singulier mélange de grossiers instincts et de sentiments élevés. Que je retourne jamais dans un pays où je me suis donné tant de peine pour élargir le cercle de nos connaissances, c’est fort douteux; mais je conserverai de cette contrée et de ses habitants un souvenir qui ne s’éteindra qu'avec
ma vie.