‹ L'Afrique sauvageChapitre 140 sur 196 · DÉCROISSANCE DE LA POPULATION · texte numérisé non relu

DÉCROISSANCE DE LA POPULATION

Le lecteur qui a bien voulu me suivre dans mes explorations anciennes et nouvelles pourra se faire une idée du caractère général et du tempérament des nègres de cette partie de l'Afrique, tels qu'ils sont aujourd'hui. J'ai fait des recherches pour m’assurer si cette race a laissé dans le passé des traces qui établiraient qu'à une époque quelconque elle à pu atteindre un certain degré de civilisation. Recherches vaines, car je n'ai trouvé chez eux aucun vestige de société plus ou moins policée. Les autres explorateurs des différentes parties de l'Afrique n'ont pas été plus heureux que moi.

Comment ces peuples en sont-ils venus à inventer des métiers pour faire de la toile, c’est ce que personne ne pourrait dire. On s’est servi du procédé pendant plusieurs générations, sans l’améliorer. À cette question : « Qu'est-ce qui vous à appris à fondre le fer et à le travailler? » Ils répondent qu'ils connaissent cet art depuis longtemps , et que l’on a toujours travaillé de la même manière. Tout tend à démontrer, selon moi, que la race nègre est d'une haute antiquité, mais qu’elle est toujours restée stationnaire. La fabrication du fer, eu égard à la grossièreté de la main-d'œuvre œ& à la facilité de se procurer la matière première, doit avoir été connue d'eux dès l’antiquité la plus reculée. Aussi n’ont-ils dû connaître ni l’âge de pierre, ni l’âge de bronze.

Quant à leurs capacités futures, des convictions tout opposées partagent les esprits en deux partis extrêmes. Les uns soutiennent que le nègre ne s’élèvera jamais plus haut; d’autres prétendent qu'il est apte à monter jusqu'au dernier degré de la civilisation. Pour ma part, je ne me range ni à l’une ni à l’autre de ces deux opinions,

Je crois que le nègre peut devenir un membre plus utile de l’humanité qu'il ne l’est actuellement et qu'il est capable de s'élever à un type plus parfait; mais livré à lui-même, il est voué fatalement à la barbarie. Nous n'avons aucun exemple du contraire. Dans leur propre pays, les efforts des missionnaires, pendant des centaines d'années, sont restés sans résultats. Le missionnaire parti, la barbarie reprend ses droits. Un peuple peut bien être initié aux sciences et aux arts par des nations mieux douées et plus avancées que lui,

mais s'il n'a pas en lui-même une certaine force d'initiative, il retombe inévitablement avec le temps dans son état primitif.

De toutes les races étrangères à la civilisation, la race nègre est assurément la plus éducable et la plus docile ; elle possède d’excellentes qualités, fort capables de balancer les mauvaises. Nous devons donc lui montrer de la bienveillance et chercher à l’élever de plus en plus.

Que cette race doive disparaitre de la terre dans un temps plus ou moins éloigné, c'est, malheureusement, ce qui n’est guère douteux. Elle ira rejoindre les autres races inférieures qui l’ont précédée.

Voilà l’histoire que nous lui prédisons.

DÉenrce » : -

Descriptions de trois cränes de nègres de l’Afrique équatoriale de l'Ouest : Fan, Ashira

et Fernand-Vaz. — Mesures prises sur quelques autres crànes de la collection envoyée du

Fernand-Vaz au Muséum Britannique par P. B. pu Cuaïziu, par le professeur Owen, ER 91e

Les études laborieuses et savantes auxquelles M. du Chaillu s’est livré, à travers toute sorte de difficultés et d'épreuves, pour trouver dans l'exploration de l'Afrique équatoriale de l'Ouest de nouveaux éléments utiles au progrès de l’histoire naturelle, lui ont valu l'estime et la reconnaissance de tous les vrais amis de la science.

Parmi les spécimens qu'il a fait parvenir au littoral pour y être embarqués, avant d'entreprendre dans l’intérieur cette expédition dont l'échec a été si regrettable pour la science géographique, se trouvaient plus d’une centaine de crànes, ayant appartenu à des indigènes de l'Afrique équatoriale de l'Ouest; curieux objets d'étude sur lesquels j'avais appelé spécialement son attention, avant son second départ pour le pays des gorilles.

Sur cette collection, dont la plus grande partie est actuellement au Muséum Britannique, j'ai pris les mesures de quatre-vingt-treize crànes. Quatre des principales mesures sont indiquées dans le tableau ci-après. J'ai pris aussi le profil de ces crànes, ainsi que le dessin de la plus grande circonférence horizontale de la boîte osseuse, et j'ai choisi dans le nombre trois spécimens, dont je veux donner une description spéciale, accompagnée -de gravures faites sur des photographies.

Les figures 1, 2 et 5 sont celles du cràne (n° 24) d’un indigène mâle du Fernand-Vaz, âgé de vingt à trente ans.

Le crâne est étroit, et long par rapport a sa largeur; l’occiput est convexe ou hémisphéroïde, le front est bas et resserré, les bosses pariétales sont à

peine indiquées, les sinus frontaux légèrement protubérants, le côté droit plus que le gauche. Si l'on regarde d’un seul œil la surface supérieure du crâne, tenu à la longueur du bras, pendant que la partie antérieure de la face est cachée par l’arcade sourcilière, le bord externe de la moitié postérieure du zygoma est visible. Vus de la base, comme dans la figure 3, les intervalles entre les arcades zygomatiques et les parois alisphénoïides du crâne paraissent avoir la largeur qui caractérise communément les races inférieures, comparées à celles dont le cerveau est plus développé.

Les sutures ordinaires chez l’adulte s’y retrouvent, ainsi que la moitié externe de celle qui sépare l’ex et le super-occipital (à l'extérieur du crâne). La suture frontale est oblitérée, comme dans la plupart des crânes adultes. La lambdoïde, ou suture occipito-pariétale, est passablement large et dentelée, avec un petit osselet très-mince du côté gauche. La suture mastoïde est étroite et dentelée à l'endroit où elle joint l’ex-occipital, mais elle devient une ligne droite, harmonia, en s'étendant jusqu’au trou jugulaire. La suture inasto-pariétale est dentelée, mais étroite, et va se perdre en avant dans la iosse post-squammosale. La suture sagittale est dentelée, mais plus étroite que la lambdoïde, à l'endroit où elles se séparent. Elle devient ensuite échancrée #, puis encore dentelée, mais elle se resserre énligne onduleuse en se rapprochant de la coronale:; c’est une toute petite ligne, d’un pouce et demi environ à partir de la sagittale, alors elle se dentelle nettement et devient plus large d’un pouce et demi environ en s’éloignant de l’alisphénoïde, où elle est échancrée, puis de nouveau onduleuse. L’alisphénoïde n’est joint au pariétal que par un seul point de son angle supérieur et postérieur. 11 n’y a donc pas de suture sphéno-pariétale. La suture sphéno-frontale, longue de dix lignes à gauche et de onze lignes à droite, est linéaire, presque droite et un peu squamnmeuse. La suture squammo-pariétale est, comme à l’ordinaire, squammeuse ; ia squammo-sphénoïde est une simple ligne, comme aussi la suture sphénomalaire. La fronto-malaire se prolonge à partir de la sphéno-frontale. La saillie courbe de l’occipital supérieur est bien dessinée, mais elle n’a pas de proéminence à sa partie médiane. La saillie courbe inférieure se termine au-dessus des prolongements des sutures super-ex-occipitales. Les crêtes par-occipitales sont médiocrement développées. Les saillies supra-mastoïdes sont bien dessinées à travers le creux des sillons supra-mastoïdes, qui vont de la fosse supra-

1. Par échancrure, j'entends l'endroit où les ondulations, les aspérités ou dents des bords de la suture ne se prolongent pas en ondulations ou dentelures secondaires ; cas dans lequél on se sert du terme : dentelé. La largeur d’une suture est l’espace, plus ou moins grand, dans lequel s’entre-croisent les traces de ces ondulations ou dents.

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