‹ L'Afrique sauvageChapitre 23 sur 196 · MES IDÉES AU SUJET DU GORILLE · texte numérisé non relu

MES IDÉES AU SUJET DU GORILLE

pays qui avoisine l'embouchure du Fernand-Vaz, et que ces hommes et ces femmes couverts de poils, qu'ils avaient trouvés là, étaient bien les mâles et les femelles des troglodytes-gorilles. Ce nom même de gorille, donné à l’animal dans le Periplus, ne diffère pas beaucoup de celui qui les désigne actuellement : ngina où ngilla, si lon tient compte surtout des différentes manières de le prononcer. Je regarde maintenant comme très-probable que c’est le gorille que les anciens ont rencontré dans ces parages, et non le chimpanzé, qui va moins en troupes et qui se trouve moins souvent dans le voisinage des côtes. Quant à supposer que les hommes et les femmes velus, dont parle Hannon, étaient de l'espèce des babouins, c'est, selon moi, une hypothèse tout à fait invraisemblable ; car pourquoi les Carthaginois, à leur retour, auraient-ils suspendu ces peaux dans le temple de Junon, et les auraient-ils conservées là pendant plusieurs générations, comme nous le dit Pline, si ce n’eussent été que des peaux de babouins, animaux si communs en Afrique qu'ils ne devaient avoir rien de bien extraordinaire aux veux d’un peuple de commerçants et de voyageurs tels que les Carthaginois.

Le gorille a des instincts d'émigration qui se manifestent à certaines époques de l’année. On ne le trouve plus alors dans les régions qu'il fréquentait le plus lors de la saison des baies, des fruits et des noix.

CHA PITREMIN

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