DÉPART POUR L'INTÉRIEUR DU PAYS
Je reçois une nouvelle collection d'instruments scientifiques. — Première apparition d’un
bateau à vapeur sur le Fernand-Vaz. — Une excursion à Goumbi. — Étonnement des indigènes à la vue de la vapeur. — Envoi de mes collections en Angleterre. — Gorille vivant embarqué pour Londres. — Comment il se comporte en état de captivité. — Il échappe à grand'peine au danger de se noyer. — Préparatifs terminés. -— Dernier regard jeté sur la mer. — Mes gardes du corps Commis. — Scènes d’adieux touchantes. — Je suis trompé par Olenga-Yombi. — Le célèbre docteur Oune-jiou-e-niaré. — Arrivée à Goumbi. — Observations pour déterminer la latitude et l'altitude de ce pays. — Invocation de Quenguéza à ses ancôtres. — Femmes désobéissantes. — Sécheresse excessive. —
Obindji. — Arrivée des portefaix d’Ashira. — Passage des montagnes sur la route d'Olenda.
Le 30 juin, je fis mes adieux à mon ami Olenga-Yombi, et je partis pour Plateau. J'avais à peine quitté l’ebando, quand j'aperçus la voile d’un canot qui venait de l'embouchure du fleuve et se dirigeait vers nous. Les hommes de ce canot m'abordèrent en s’écriant : « Votre vaisseau est arrivé ! » Quelle fut ma joie ! Aucune nouvelle ne pouvait m'être plus agréable. Mes rameurs redoublèrent d'efforts, et, le soir même, nous abordämes à Plateau. Je trouvai là une lettre de MM. Baring, de Londres. Ils m'avaient expédié un bâtiment chargé des denrées et des provisions que j'avais demandées, en y joignant un nouvel envoi d'instruments scientifiques, pour remplacer ceux que la mer avait mis hors de service. Cependant ma collection ne fut complète qu'un mois plus tard, lorsqu'on me fit parvenir quelques autres instruments par la voie du Gabon. C’est au capitaine Vardon que je dus mon meilleur chronomètre; il me lapporta au mois de septembre, à son retour de Londres. J'avais alors un triple assor-
timent de ce qui m'était nécessaire, et je me voyais prémuni contre