DÉPART POUR LES CATARACTES
J'ai déjà, dans la relation de mon premier voyage’, donné une description du pays des Ashiras et des mœurs de la population; il serait done inutile de revenir sur ce sujet. Je n'avais pas l'intention de prolonger mon séjour dans cet endroit; mais des obstacles imprévus, et la terrible calamité que je vais bientôt raconter, m'y retinrent pendant plusieurs mois. Voulant visiter les chutes d'eau de Samba Nagoshi, au nord d'Olenda, je me hâtai, dès que j'eus payé mes porteurs et procédé à la distribution des présents destinés au roi el aux principaux chefs, de commencer les préparatifs de cette excursion qui devait me détourner de ma direction vers l’est.
C'est le cas de rappeler à mes lecteurs que lors de ma première expédition, au sortir du pays des Apingis, j'avais échoué dans mes tentatives pour m'approcher de cette cataracte. J'ai su depuis que mes guides d'alors n'avaient jamais eu l'intention de m'y mener; ils avaient recu à cet eflet des recommandations formelles des Commis. Ces bons amis craignaient qu'il ne m'arrivät malheur. Mais cette fois-ci je ne rencontrai aucun obstacle à mes vœux, et J'avais un puissant appui dans mon ami Quenguéza; aussi Olenda se montrat-il prêt à me fournir les guides et les porteurs dont j'avais besoin. Nous nous mimes donc en route le 41° décembre.
Nous étions légèrement équipés pour la marche. Ma charge la plus lourde était mon appareil photographique que je m'étais décidé à emporter, pour prendre, chemin faisant, une vue des sites magnifiques que je m'attendais à rencontrer. Outre mes trois guides Ashiras, Arangué, Ovagui et Ayaguy, et deux jeunes noirs chargés de ma batterie de cuisine et de mes munitions, j'emmenais deux Æambas Ashiras, natifs d’un district éloigné de l’Ashira, situé sur les bords de l’Ovigui, près de la jonction de cette rivière avec le Ngouyai. Ces hommes et quatre de mes fidèles Commis, composaient mon escorte. En fait d'armes à feu, je n'avais pris que mes revolvers. Mes gens étaient armés de leurs fusils; mais ils ne portaient ni chemises de laine, ni couvertures, ni rien de ce qui ne leur était pas absolument indispensable.
Il était neuf heures du matin lorsque nous quittèmes Olenda. Nous