CHAPITRE IX
MAYOLO Arrivée à Mayolo. — Accueil du chef. — Découverte de nouveaux vols. — J’accuse les Ashiras. — Leur fuite. — Saisie d'un otage. — Assemblée des principaux personnages
d'Otando. — Mayolo tombe malade, — Je suis pris d’un accès de fièvre. — Grande chaleur et orages. — Arrivée de Macondai et d’Igolo. — Mauvais traitements subis par eux chez
les Ashiras. — Perte de mon appareil photographique et de mes produits chimiques. — La chirurgie à Otando. — Un docteur femelle. — Querelles de ménage. — Rétablissement de Mayolo. — Épreuve pour la sorcellerie, — Mon discours au peuple. — Réponse de Mayolo. — Curiosité des Otandos. — Un duel de femmes. — Les fourmis Bashikouais. — Un voleur précoce. — Mayolo retombe malade. — Heureuses nouvelles du pays d’Apono. — Étonnement des indigènes devant ma boîte à musique et mes pierres d’aimant, — Climat de
Mayolo. — La rosée, — L'Otolicnus. — Rétablissement de Macondai, — Le fétiche alumbi. Départ de Mayolo.
Enfin, le soir du 24 mars, nous débouchämes des sombres massifs de la forêt dans des plaines de gazon. C'était la prairie d'Otando. Tout semblait riant et animé, au sortir des solitudes ténébreuses auxquelles nous étions accoutumés. Un vaste pays onduleux s’ouvrait devant nous. Sur le premier plan, la prairie; plus loin une perspective de forêts étagées les unes au-dessus des autres, dont la dernière et la plus élevée était noyée dans une vapeur bleuâtre. A partir de la lisière des bois que nous venions de quitter, le terrain s'élevait en pente douce. Partout des constructions et des champs cultivés annonçaient un territoire bien peuplé. Un beau ruisseau limpide coulait à travers la prairie et les plantations, en se dirigeant vers le Ngouyai. Une ligne épaisse de palmiers chargés de fruits coupait le paysage et dessinait le cours du grand fleuve Ngouyai, qui arrosait ces fertiles plaines.
En approchant du village, nous tirämes des coups de feu suivant notre habitude, et l’on nous répondit par un salut du même genre.