ACCUEIL DU CHEF MAYOLCO
Le chef du village n'avait qu'un vieux fusil sans monture et tout usé; ce qui n'empêchait pas, selon lui, que ce ne fût toujours un excellent fusil. Comme la poudre était un article très-rare dans ces pays de l'intérieur, il n’y avait que l'espérance de m'en soutirer une nouvelle quantité qui pût engager Mayolo à ménager si peu sa petite provision.
Une troupe assez nombreuse parut bientôt et nous conduisit avec de grands cris à la maison des Palabres. On entendit alors battre le kendo, et Mayolo lui-même’ s’avanca dans la rue, à notre rencontre. Son corps était bigarré de marques de craie alumbi; il marmottait des paroles mystérieuses en marchant avec une lenteur solennelle. Quand il fut assis, il fit taire le kendo, et s'adressant à mes guides ashiras, il s’écria : — « Enfin le voici donc, le grand Esprit, avec ses richesses inouïes ! » Puis, se tournant vers moi, il me parla des graves déméêlés qu'il avait eus avec le peuple d’'Otando, qui voulait le dissuader de me recevoir, sous prétexte que j'apportais avec moi la contagion et la mort. Il avait, disait-il, réfuté ces préventions en leur expliquant que je ne pouvais être l’auteur du fléau, puisqu'il était déjà connu chez eux bien avant même qu'il fût question de l’arrivée de l’homme blanc. A ces paroles pleines de sens, je me sentis ému et j'échangeai avec le sage vieil lard des protestations d'amitié, pendant que la stupide foule me regardait d’un air ébahi.
Mayolo était le principal chef de l’Otando; il était donc de mon intérêt de me concilier, autant que possible, sa bienveillance. Son extérieur avait quelque chose de frappant. Grand, large des épaules et clair de teint pour un nègre, il avait les yeux petits mais percants, et son regard dénotait plus d'intelligence qu'on n'en trouve habituellement chez ses pareils. Il lui manquait à la main droite quelques doigts emportés par l'éclat d’une arme à feu. C'avait été, dans sa jeunesse, un grand chasseur d’éléphants, et sa bravoure était renommée dans tous les pays environnants. Il avait une physionomie agréable, malgré ses barbouillages de craie de toute sorte de couleurs. Une de ses joues était rouge et l’autre blanche jusques sous le contour des yeux. Ses sujets le contemplaient avec vénération, et
\ 1. Mème observation que ci-dessus : Mayolo, roi ou chef du village de Mayolo.
dans leurs regards on pouvait lire cette pensée : « Quel grand homme vous êtes, Ô chef! c’est votre renommée qui a amené le Grand-Esprit parmi nous! »
Quand Mayolo se fut retiré, on nous apporta une grosse chèvre et deux énormes régimes de bananes. Nous mourions de faim, et ce fut ce soir-là une grande fête pour nous. Je m’étonnais de l'énorme quantité d'aliments que mes Commis étaient capables d’absorber. Les nègres peuvent supporter la faim pendant plusieurs jours, mais ils s'en dédommagent bien quand ils ont devant eux des vivres en abon-
dance. Pendant qu'on préparait le diner, j'allai visiter mon pauvre Igala, malade dans une cabane, au milieu des effets que j'avais fait déposer près de lui. Je le trouvai atteint d’une petite vérole confluente, la pire espèce de toutes. Le pauvre garcon parut charmé quand je lui donnai une poignée de main en montrant par là que son état ne m'effrayait pas. Les gens de Mayolo voulaient lui faire quitter sa cabane, mais il refusa d'abandonner les objets confiés à sa garde.
Le lendemain, en ouvrant mes boîtes de laque pour y prendre des médicaments, je découvris toute la portée des larcins commis par ces coquins d’Ashiras. Toutes les bouteilles qui contenaient mes drogues, huile de castor, calomel, laudanum, rhubarbe, jalap, avaient disparu ; outre cela, il me manquait un thermomètre ordinaire, deux autres thermomètres solaires, plusieurs boîtes d’étain pour conserver la viande, un appareil photographique, des produits chimiques, des perles et quantité d’autres objets. Ces caisses dévalisées avaient fait partie des charges confiées à Mintcho, à Ayagui et aux Apingis. J’eus bien de la peine à contenir mon mécontentement, et l'idée d’être forcé, faute d'instruments scientifiques et de denrées, de renoncer à mes projets d'exploration dans l'intérieur, me tourmentait cruellement.
Cette fois, j'accusai tout haut Mintcho de friponnerie, après avoir eu soin de lui retirer son fusil et ses deux caisses de voyage !. L’hypocrite vaurien prétendit s'être brouillé avec ses camarades, précisé
1. La caisse de voyage est une portion de denrées équivalente au prix d’un esclave. Elle était confiée, pendant la marche, au chef de file, chargé d'acheter des esclaves au prix coûtant,
J'ACCUSE LES ASHIRAS. 139
ment à cause de ces vols. [Il s’efforca de simuler une violente indignation, jusqu'à en avoir l’écume à la bouche, et s'écria : — « Laissez-moi partir, Chaillie ; je retrouverai les voleurs et je les tuerai, s'ils ne rendent pas tout ce qu'ils vous ont pris. » Avyagui arriva sur ces entrefaites, avec un fusil que Rebouka lui avait prêté pour aller à la chasse. Il était nécessaire de désarmer cet homme, mais il refusa de me livrer son fusil. La situation devenait critique : si je laissais voir au peuple d'Otando que l’on pouvait, après m'avoir mis au pile lage, me braver impunément, je consacrais par là un exemple funeste au succès de mon expédition. J’en appelai à Mayolo; je lui dis que les objets volés lui étaient destinés en cadeau, et que ce même fusil que Avyagui refusait de me rendre devait être aussi sa propriété. Cette manœuvre eut un plein succès. Les Otandos et leur chef se rangèrent sur le champ de mon côté. Mais ce ne fut pas sans peine qu'on parvint à désarmer Avyagui; il menaçait de faire feu sur le premier qui l’approcherait. Là-dessus, j’appelai mes quatre hommes et je leur donnai ordre de le coucher en joue, tandis que moi-même je l’ajustais avec mon revolver. Ce fut ainsi que nous eûmes raison de lui. Le fusil fut remis entre les mains de Mayolo.
Mintcho et les autres se hâtèrent alors de regagner la forêt pour retourner chez eux ; mais je voulais un otage qui püt répondre de mes pertes. Nous poursuivimes les fugitifs et Rebouka leur fit un prisonnier ; mais, à ma grande contrariété, au lieu d'arrêter un de mes voleurs, il s’empara d’un enfant, le fils d’un de mes bons amis Ashiras, Adingo. Les coupables furent effrayés de ce coup de main; mais j’eus soin de leur crier, avant qu'ils fussent hors de portée de ma voix, que nous ne ferions pas de mal à l'enfant, et que nous le rendrions à ses parents aussitôt qu'on m'aurait rapporté les objets volés. Igala, quoique fort malade, me dit que s’il avait su ce que je voulais faire, il aurait arrêté Mintcho de sa propre main.
Ma prompte décision, dans cette circonstance, eut le résultat que j'en attendais ; elle imposa au peuple d'Otando, en montrant que, malgré notre petit nombre, il ne fallait pas se jouer de nous.
Je m'occupai aussitôt de mon jeune prisonnier. Pauvre petit! ce n’était qu'un garçon de douze ans, et mon cœur saignait de l’entendre gémir quand je m'approchais de la cabane où on l'avait mis; car
Rebouka s'était assuré de lui en le garrottant si étroitement qu'il ne pouvait remuer.
Il me dit, les larmes aux veux : — « Oh! Chaillie! vous êtes un grand ami de mon père. Je ne suis qu'un enfant et je ne puis m’enfuir. [ls reviendront avec tout ce qu’on vous a volé; Mintcho me l’a dit. Oh! Chaillie, je souffre tant! je suis votre petit serviteur. N’ai-je pas refusé de vous abandonner? ne vous ai-je pas suivi jusques dans le pays d'Otando? desserrez ces cordes qui me font tant de mal. »
Je dis à Rebouka de relâcher ses liens ; ce qu'il fit, tout en blàmant mon imprudence et ma compassion déplacée. Je ne connaissais pas les nègres, disait-il; à cet âge les nègres ne sont plus des enfants. — « Croyez-vous, ajouta-t-il, qu'un enfant aurait pu venir du Ngouyai au pays d'Otando, avec la charge que celui-ci portait? »
Nous enfermämes le petit nègre sous la véranda de ma cabane, et nous postämes, pendant la nuit, une sentinelle chargée de veiller sur lui. Mayolo me conseilla aussi de faire bonne garde autour de l'enfant; car, me dit-il, mes espérances de restitution pourraient bien s'enfuir avec lui.
Rebouka avait raison. Le rusé petit drôle s'était échappé avant l'aurore. Il avait trouvé moyen de se débarrasser des cordes qui le retenaient; puis il avait pris la fuite pendant une courte absence de son gardien. Ce fut une grande perte pour moi, car si j'avais réussi à le retenir prisonnier, tous les effets qu'on m'avait pris m'auraient été très-certainement rapportés. Cet enfant était le fils d’un chef qui exerçait une très-grande influence sur les Ashiras.
Dans l'après-midi, il y eut une assemblée des principaux personnages des villages qui entourent Mayolo et qui dépendent du même clan. Cette réunion fut très-animée ; Mayolo était épanoui de joie et d'orgueil en présentant l’homme blanc à ses voisins; et comme j’étalais les divers présents que je destinais à chacun d’eux pour prix des secours qu'ils m'avaient envoyés, le vieux chef s’écria, en montrant ces richesses : — « Voyez! c'est là ce prétendu fléau que l’homme blanc apporte parmi nous. Auriez-vous jamais eu toutes ces belles choses, si je ne l'avais invité à me rendre visite? »
On ne pouvait résister à un appel si éloquent. Quand ils sortirent
MAYOLO TOMBE MALADE. A1
de l’assemblée, ils étaient tous de bonne humeur, et le lendemain ils m'envoyèrent une foule de cadeaux : des poules, des chèvres, des pistaches et des bananes. Mayolo et les autres chefs s’élevèrent avec force contre les calomnies des Ashiras, qui voulaient sans doute garder mes trésors pour eux-mêmes, quand ils prétendaient qu'on ne trouvait rien à manger dans le pays d’Otando. On prononca ensuite bon nombre de discours; puis vint la grande cérémonie, c’està-dire la distribution de mes présents, en échange de ceux que j'avais recus. J'avais montré d'avance à Mayolo tout ce que je destinais à ses amis; il m'avait représenté que j'étais beaucoup trop généreux, et que ces gens-là ne sauraient pas apprécier la valeur de mes dons; néanmoins je suivis mes premières intentions. Mais quelle fut ma surprise lorsque j'entendis Mayolo se vanter auprès d'eux de m'avoir décidé à leur faire ces beaux cadeaux! De leur côté, les chefs affectèrent d’être peu satisfaits de mes présents, afin de s’autoriser à élever de plus hautes prétentions. Quand je vis cela, je fis mine de remporter le tout, alors ils se mirent à éclater de rire : « Non, dirent-ils ; non, c'était une épreuve que nous faisions. » Puis ils ajoutèrent en s’entre-regardant : — « Celui-là est un homme! » c’est-àdire, un homme à qui on n'en fait pas accroire. C’est chez eux un très-grand compliment.
Il y avait à peine quatre jours que nous étions dans l'Otando, lorsqu'à mon grand désespoir, Mayolo tomba sérieusement malade. Encore un chef qui se trouvait frappé après mon arrivée dans son pays! c'était une fatalité. Si Mayolo venait à mourir, ce serait, je le sentais bien, un coup mortel porté à mon entreprise; car je ne pourrais plus ôter de l’esprit de ces nègres superstitieux l’idée que ma présence était un signal de mort pour leurs chefs. Mes nuits se passaient, dans l’insomnie et l’anxiété, à écouter les gémissements du malade.
- D'un autre côté, la chaleur de la température était suffocante. Un embrasement de la prairie vint ajouter à mes angoisses; car ce ne fut qu'à grand’ peine que je parvins à déménager mes munitions et mes eflets pour échapper à un désastre.
Le 1“et le 3 avril, je fis de grands efforts pour prendre plusieurs observations solaires. La, chaleur à l'ombre était de 92 degrés
Fahrenheit (33 degrés centigrades), et au soleil, elle atteignait 430 à 135 degrés (39 degrés centigrades). Quand vint la nuit, je pris aussi quelques observations lunaires; je déterminai les distances entre la lune et Vénus, entre la lune et l'Épi, et j’oblins même l'altitude de quelques étoiles. Le ciel était si pur que je craignais de laisser échapper une si belle occasion d'expériences. Ces fatigues, jointes à mes inquiétudes et à la perte de mes effets, me causèrent un violent accès de fièvre. Il fut heureux pour moi que mes voleurs ne m'eussent pas dérobé toute ma provision de quinine et de calomel.
La chaleur fut portée à son comble le soir du 5 avril; aussi essuyâmes-nous un épouvantable orage, avec des coups de tonnerre éclatant sur nos têtes et faisant trembler le sol sous nos pieds. A la seconde explosion, je sentis un choc à ma jambe droite et une secousse subite qui me paralysa pour un moment. Des torrents de pluie accompagnèrent cette décharge électrique, puis le temps se rafraichit sensiblement. La pluie recommencça à tomber le lendemain soir; mais ensuite le ciel, redevenu serein, laissa voir la lune dans tout son éclat.
Quoique je fusse loin d’être à mon aise, je pris encore des hauteurs d'étoiles, de manière à être sûr de ma latitude, grâce au parfait accord de mes diverses observations. |
8 Avril. — Au milieu de mes sombres préoccupations, perce quelquefois un rayon d'espoir. Une de mes plus vives inquiétudes se dissipa quand Igolo arriva avec mon pauvre cher Macondai. Les gens d'Otando parurent aussi contents que moi de voir enfin toute notre troupe au complet. Cependant l’état où se trouvait Macondai modéra beaucoup ma joie. Quand j'allai dans la cabane où Igolo l'avait conduit, je fus saisi d'horreur à l’aspect de mon fidèle compagnon. Sa figure était gonflée et couverte de pustules; son nez semblait tout rongé, et le reste de son corps était aussi dans un état déplorable. Mais ce qu'il y avait de plus affreux à voir, c'était une de ses jambes, tellement enflée qu'elle tenait plus de l’éléphant que de l'homme; elle paraissait entamée par un commencement de gangrène. J'avais connu Macondai tout enfant, et je l'aimais beaucoup. Un frisson glacé me parcourut tout le corps à l’idée qu'il était perdu; ma conscience me reprochait d’avoir amené de si loin ces fidèles amis
a ARRIVÉE DE MACONDAI ET D’IGALO. 113
pour les condamner à souffrir ainsi et à périr au milieu d’un peuple qui leur était étranger.
Igolo et Macondai me racontèrent ce qui s'était passé chez les Ashiras après mon départ. Ondonga, l'héritier d'Olenda, qui avait promis de prendre soin de Macondai, les avait délogés et relégués tous deux dans une autre cabane qui, disait-il, appartenait à son beau-père, et celui-ci devait servir de garde-malade au jeune homme. En même temps Ondonga, sous prétexte d'aller passer deux jours au village d'Olenda, emprunta à Macondai le couteau que je lui avais laissé. Mais il ne revint pas, et le propriétaire de la cabane n'ayant plus de nouvelles de lui, demanda à ces deux malheureux le prix du logement qu'ils occupaient. Peu de jours après, reparurent Mintcho, Agayai et leurs camarades. Ils prétendirent que j'avais refusé de les solder jusqu'à ce que Macondai et Igolo m'eussent rejoint; Macondai n’avait donc, ajoutèrent-ils, qu'à se rétablir au plus vite. Mais le maître de la cabane, revenu quelque temps après le départ de ces misérables, apprit à Macondai la vérité sur leur compte, c'est-à-dire que je leur avais retiré les caisses de voyage, et que j'avais refusé de les solder jusqu'à ce qu’on m’eût rendu mes effets volés. I] lui apprit aussi que la friponnerie dont j'étais victime avait été concertée à l’avance entre Ondonga et Mintcho. Quelque temps après, Macondai reçut la visite de quatre Ashiras qui, usant d'artifice pour éloigner Igolo pendant quelques instants, dirent à celui-ci qu'il fallait aller chercher de l’eau pour bassiner les plaies du malade. À peine Igolo fut-il sorti avec sa cruche pour se rendre au bord du ruisseau, que les quatre visiteurs décampèrent avec les deux fusils et les autres effets qu'ils trouvèrent sous leurs mains, en se moquant du pauvre Macondai qui ne pouvait remuer. Cest après tout cela que mes deux malheureux compagnons se décidèrent à quitter la place; Macondai, pouvant à peine se traîner, était soutenu par Igolo, qui portait la provision de bananes nécessaire pour le voyage.
Combien, après tout, je devais encore rendre grâces à ma bonne étoile de n’avoir pas cédé aux conseils de mes coquins qui m'engageaient à laisser tous mes bagages dans le bois! de tous mes thermomètres il ne m'en restait qu'un, le centigrade, et seulement deux anéroides pour mesurer la hauteur des montagnes. Je sentis vivement
la perte des deux thermomètres qui me servaient à calculer la force du soleil, car ces observations étaient pour moi d’un grand intérêt. Quant à mes anéroïdes de montagnes et à mes chronomètres, je les portais toujours moi-même dans une boîte de laque. Je fus très-affecté de la perte de mon appareil photographique ; c'était une des choses sur lesquelles j'avais le plus compté. Je me faisais un grand plaisir de rapporter une collection de vues magnifiques et toutes nouvelles de l'Afrique intérieure. Quel mécompte ! ainsi javais passé plusieurs mois à étudier la photographie, je l'avais pratiquée sur la côte, au grand dommage de ma santé; et tout cela en pure perte! les voleurs m'avaient soustrait en même temps un grand nombre d'images photographiques, prises sur des villages, des indigènes et des gorilles vivants. Après tant de dépenses pour l'achat d’un appareil complet et de diverses substances chimiques, il m'était dur de penser que tout cela n’était que de l'argent jeté à l’eau. Je songeais au chagrin qu'en éprouverait mon digne ami M. Claudet, qui s’était donné tant de peine pour m'enseigner son art, et cela gratuitement, par pur amour de la science. On m'avait aussi dérobé mes ustensiles de cuisine, mes outils de travail, etc.
J'appris quelques jours plus tard que deux de mes voleurs Ashiras étaient morts aussitôt après leur fuite. Je ne serais pas étonné qu'ils eussent avalé quelqu'un de mes produits chimiques. On crut dans le peuple que j'avais déterminé leur mort par des pratiques mystérieuses, en punition des vols dont j'avais à me plaindre, et je fus regardé comme un puissant magicien.
Le 9 avril, à huit heures du soir, nous essuyämes une tempête ou tornado, accompagnée de torrents de pluie. Pendant des heures entières, éclairs sur éclairs illuminèrent tout l'horizon, excepté le point entre l’ouest et le sud. Le ciel était sillonné de feu. Je remarquai que le vent soufflait généralement du sud-est, quoique parfois dans la matinée il vint du côté des montagnes situées entre Mayolo et le pays du Ngouyai. Le 12, il y eut encore un terrible tornado, le plus violent peut-être de toute l’année. Il nous arrivait du nordest,
20 Avril, — La chaleur continuait à être étouffante. A dix heures