LA FOURMI D’ÉCORCE
si les brèches des chapeaux n'étaient pas bien réparées, laissaient
l’eau s’infiltrer dans tout l'édifice.
La fourmi d'écorce. — 11 y a une autre espèce de fourmi blanche, plus petite, qui se trouve dans les forêts, sous l'écorce sèche des arbres. Ses colonies se composent d’un nombre assez restreint d’individus, si petits d’ailleurs et si cachés qu'il n’est pas facile de les découvrir. Ces fourmis choisissent toujours les vieux arbres, sur le tronc desquels s’emboitent l’une dans l’autre des couches d’écorce, assez semblables à des écailles. C’est là-dessous qu'elles se logent et qu'elles vivent. Elles mangent le bois, et se creusent des chemins couverts, ou plutôt des tunnels, qui partent du sol pour aboutir aux divers endroits où la colonie est disséminée. Çà et là, en fouillant sous l'écorce, j'ai reconnu qu'elles changeaient de demeure dès qu'elles avaient pénétré jusqu'à la partie vive de l'arbre. Les matérlaux qu'elles emploient pour la construction des tunnels ne sont pas de la terre, mais de la poussière de bois. Aïnsi il est clair que toutes ces fourmis blanches, à l'exception peut-être d’une seule espèce, s servent, pour bâtir, de la substance même dont elles se nourrissent, après l'avoir élaborée dans leur estomac au moyen d'un suc glutineux qu'elles y mêlent. La quantité excrétée par ces petites bêtes est en général si minime qu'elle est à peine perceptible à l'œil nu. Les fourmis d'écorce travaillent absolument comme les autres dont Ta parlé. Je n'ai pu cependant distinguer chez elles les trois classe habituelles ; il semblait n'y en avoir que deux : les guerrières et es ouvrières. Elles s’y prenaient très-lentement pour raccorder les parties de tunnels que j'avais démolies. Cela tenait à la petite quantité de matière qu ‘elles sont capables de fournir, et aussi à l’étroitesse du tunnel où elles ne peuvent travailler tout au plus que deux à la fois.
Termites des foréts. — Passons maintenant à une autre espèce de fourmis blanches, beaucoup plus grosses que celles que j'ai décrites précédemment, et construisant des habitations beaucoup plus grandes.
C'est dans les forêts que l’on rencontre leurs nids, en général assez rares. Ces fourmis marchent toujours isolément. et leur cou-
leur jaune tranche sur le feuillage sombre qui les entoure. Cette couleur jaune vient de la terre que les fourmis emploient pour construire leurs nids et qu’elles vont chercher sous les couches noires de la terre glaise.
La hauteur de la construction que j'ai été à même d'examiner était de quatre pieds et demi. Son diamètre, dans la partie la plus large, était de deux pieds et demi. En brisant une des anfractuosités de ce nid, je reconnus que les cellules avaient à peu près un pouce et demi de long sur un demi-pouce de haut, chaque cellule commu niquant avec les autres par des corridors ou des tunnels tournants.
d'une longueur d’un demi-pouce à un pouce et d'un diamètre d’un quart de pouce environ.
En démolissant les parois, je trouvai une épaisseur d’un pouce seulement avant d'arriver aux cellules. Mais la terre qui formait le sommet aigu de l'édifice était plus dure et plus résistante que celle des côtés, comme si les architectes avaient employé une plus grande quantité de matière glutineuse pour cimenter cette partie de leur demeure.