‹ L'Afrique sauvageChapitre 82 sur 196 · IS · texte numérisé non relu

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sin, qui nous apportaient des poules et des bananes. Le bruit et la CON fusion étaient tels, que j'allai me promener seul au plus épais de la forêt, laissant mes hommes débattre le prix des poules et des œufs. Tous ces survenants voulaient avoir de mes perles.

Nous reprimes notre marche à midi et demi. J'étais fort contrarié de voir Kombila rester en arrière et s’enivrer de compagnie avec un nommé Mbouka, un des anciens de Mokaba, qui, au dernier moment, avait voulu nous accompagner, pour faire, disait-il, un tour de promenade. Ces deux traînards s’arrêtaient sous toute sorte de prétextes; ils avaient dit aux hommes du village de les suivre avec des cruches de vin, et dès qu’ils me voyaient assez loin d’eux, ils se livraient à leur intempérance. Quand ils reparurent tous deux après s'être longtemps fait attendre, Mbouka portait une calebasse de vin de palmier cachée dans un gros sac du pays que son volume me fit découvrir. Décidé à mettre fin à ce mystérieux manége, je forcai mon homme à me remettre son sac et j'en répandis le contenu à terre, au grand déplaisir de Kombila et à la grande indignation de Mbouka, furieux de voir la terre profiter d’un bon vin qui aurait fait tant de plaisir à son estomac. Il prétendit que Je devais lui rembourser le prix de son vin en monnaie de perles.

Cette passion d’ivrognerie m’a causé de bien grands ennuis. Nos porteurs employaient leur paye (des perles pour la plupart du temps) à acheter du vin dans les villages, au risque d’avoir dépensé tout leur salaire avant la fin du voyage. J'étais heureux qu'il n’y eût pas de palmiers à Igoumbié, car là du moins ils ne pouvaient pas se procurer du vin. D'ailleurs les Ishogos de ce pays sont beaucoup plus tempérants que les Aponos. Grâce à toutes ces difficultés, à nos démèlés et au malheur que nous eùmes de nous égarer, nous n’a vançämes ce jour-là que très-lentement, quoique nous eussions marché jusqu’à la nuit.

25 Juin. — Nous quittèmes notre campement à six heures et demie du matin. Les porteurs menacçaient encore de laisser là mes bagages, si je ne leur donnais un surcroit de salaire; mais j'étais bien décidé à résister à toute nouvelle exaction, et je leur. déclarai que je tuerais le premier qui ferait mine de se révolter. Mes Commis eurent l'œil sur ces drôles pendant toute la matinée,

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