‹ L'Afrique sauvageChapitre 83 sur 196 · G 1© LEA · texte numérisé non relu

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Nous marchions dans la direction de l’est. Au bout d’une heure nous passämes le Bouloungou, ruisseau desséché pareil à ceux que nous avions traversés le 10, et dont le lit était ardoisé, comme la montagne au pied de laquelle il coulait. Nous n'avions pas rencontré de blocs de quartz ni de granit depuis que nous avions quitté Mokaba. Les chemins que nous avions suivis étaient couverts de fragments de roches ferrugineuses, dont les coins et les tranchants blessaient cruellement les pieds de mes hommes. Nous eùmes bientôt à oravir une montagne d’une élévation considérable ; mais comme mes anéroïdes élaient emballés, je ne pus en préciser la hauteur. Sur le revers, à l’est, la descente était rapide jusqu'à une belle vallée où s’étendaient, sur plusieurs milles, de riches plantations de pistaches. Enfin nous arrivämes à Yengué, autre village ishogo, presque aussi grand qu'Igoumbié, situé sur les bords d’une rivière appelée Ogoulou, un des affluents du Ngouyai.

Avant d'entrer dans ce village, nous nous arrêtämes pour attendre que tous nos porteurs fussent réunis. Puis Kombila et moi nous nous postämes à l’avant-garde, suivis par mes Commis, après lesquels venaient mes porteurs aponos. C'est dans cet ordre que nous traversämes le village, au milieu des habitants qui nous regardaient bouche béante, jusqu'à une grande place située à l'extrémité opposée, pendant que Kombila criait à la population effarouchée : — « N'ayez pas peur; nous venons chez vous en amis. »

Kombila adressa ensuite la parole à quelques-uns des anciens, qui viurent m'oflrir des poules et des bananes. La présence de mes guides aponos, qu'ils savaient être en bons termes avec moi, les rassurait un peu; aussi, après quelques moments d’hésitation, m'assignèrent-ils un logement, à moi et à mes Commis, pendant que mes Aponos

allaient demeurer chez leurs amis.

GEAPITRE, XIE

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