CHAPITRE XV
VOYAGE DEPUIS L'ISHOGO JUSQU'’'A L'ASHANGO.
Les Ishogos. — Modes de coiffure. — Villages Ishogos. — Site pittoresque. — Blocs de
granit. — Roches à rainures. — Départ de Mokenga. — Traversée du Dongon. — Ascen-
sion continue. — Le mont Migoma. — La rivière Odiganda. — Limites qui séparent
l’Ishogo de l’Ashango. — Arrivée à Magonga. — Plateau de Madombo. — Mutinerie des
porteurs Ishogos, — Un village hostile. — Élévation du pays. — Arrivée à Niembouai. —
Réception amicale. — Les femmes du roi. — Préjugés de caste de mes Commis. — Grande rivière située à l’est. — La tribu des Ashanguis. — Les Obongos.
Les Ishogos sont une belle tribu de nègres, vigoureusement constitués, aux membres bien découplés et aux épaules larges. Je les regarde comme supérieurs aux Ashiras sous le rapport physique, et j'ai remarqué qu’en général ils ont la tête plus belle et plus développée à la place où les phrénologistes placent les organes de l’idéalité. La physionomie de plusieurs d’entre eux me rappelait les Fans. Les femmes ont un air de bonté; elles se tatouent diverses parties du corps, les épaules, les bras, la poitrine, le dos et l’abdomen. Quelques-unes laissent voir, entre leurs sourcils et sur leurs joues, comme les femmes des Aponos, de petites protubérances de la grosseur d’un pois. Les hommes et les femmes ont adopté l'usage de se faire arracher les deux incisives du milieu de la mâchoire supérieure ; pourtant cette mode attrayante n’est pas si générale chez eux que chez les Aponos. Beaucoup d’entre eux liment et taillent en pointe leurs incisives supérieures et deux ou trois des inférieures.
Les Ishogos, hommes et femmes, se parent avec de la poudre rouge, que l’on obtient en frottant ensemble deux morceaux de bois rouge. Mais leurs modes'les plus curieuses sont celles qui s'appliquent
à la coiffure. Quand je vins à Igoumbié, je remarquai la manière de: se coiffer des femmes de ce pays, bien différente de celles que j'avais observées ailleurs. Quelque grotesques que soient ces modes, elles ne s'écartent pas beaucoup de ce que nos dames d'Europe trou-
vent aujourd’hui du meilleur goût. Là aussi on professe le culte du chignon. J'ai remarqué trois genres de coillures qui se partagent les préférences des belles Ishogos. La première est un édifice vertical de cheveux massés sur le haut de la tête en forme de tour, d’une élévation de huit à dix pouces, La tête est rasée depuis le front el derrière les oreilles, jusqu'à la base de la tour chevelue. Pour donner