MODES DE COIFFURE
cette forme à leur coiffure, ces dames se servent d’une sorte de carcasse. le plus souvent en vieux chiffons, autour de laquelle elles enroulent leurs cheveux. Tous les chignons ont ainsi un moule intérieur.
Une autre mode consiste à porter le chignon obliquement, avec
deux grosses touffes de cheveux, au-dessus de l'oreille.
Une troisième mode ne diffère de la première qu'en ce que la tour capillaire, au lieu d’être verticale. est placée horizontalement derrière la tête qui est rasée par devant jusqu'en haut. La nuque est également tondue jusqu'au-dessus des oreilles.
Les cheveux qui composent ces tours ont, au milieu et des deux côtés, une ligne de séparation dont les raccords sont ajustés trèsproprement. L'architecture générale demande des années d’'apprentissage, pour atteindre à la perfection que lui donnent les modèles de l'élégance ishogo. On ne parvient à porter un chignon de premier
ordre qu'à l’âge de vingt ou de vingt-cinq ans. Le grand objet d’ambition pour une jeune femme ishogo, c'est de posséder une tour chevelue telle que je viens de la décrire, bien échafaudée et bien craissée. Il y a des femmes plus habiles que d’autres à se coiffer, œuvre laborieuse qui demande souvent toute une journée.
Les femmes qui ne veulent pas se coiffer elles-mêmes sont obli-
gées de payer une coifleuse ou de se rendre entre elles le même service.
Ces chignons, une fois établis, peuvent durer une couple de mois sans avoir besoin d’être retouchés. La quantité d'insectes qui s’y logent pendant ce temps-là et qui s’y. multiplient à leur aise, est quelque chose d’effrayant. Pourtant les femmes se servent, pour s’en débarrasser, de grandes épingles à cheveux, de fer ou d'ivoire, qui font l'office de peignes. (J'ai décrit ces épingles dans l'Afrique Équatoriale.)