ACTE PREMIER
au firmament. On a gâche ma vie, on a tué en moi tout ce qu'il y avait de bon! Tout ce qu'il y avait de beau! Aussi, je ne crois plus à rien. Non, non, je ne crois plus à rien, et s'il me fallait, cela j'en fais le serment, revivre les heures que j'ai vécues, je préférerais de ces deux mains m'arracher le cœur!
MAURICE
Ma pauvre amie !
GENEVIÈVE
Vous me plaignez?
MAURICE
Je ne vous plains pas... mais je vous plaindrais de toute mon àme si vous étiez femme à tenir votre serment. Vous criez très haut : « Je n'aimerai plus jamais... » pour ne pas entendre une autre voix qui vous dit : « Tu aimeras encore, car tu as aimé. » L'amour que vous voudriez aujourd'hui exterminer du monde est un mal délicieux dont on ne guérit pas, Geneviève... et vous êtes atteinte de ce joli mal-là; oui, vous aimerez encore, malgré vos résolutions, malgré vos douleurs passées, malgré tout... et cela me rappelle d'ailleurs une aimable chanson qui dit :
Vous aiiiifi'fz demain, vous (jui n'uuuuz encore, El vous qui n'aimez plus, vous aimerez demain.
88 i;a(.i: I) aimer
GENEVIÈVE
Comme vous me connaissez peu!
MALIUCE
Si peu, que je pourrais vous dire, si vous m'y poussiez...
GENEVIÈVE
Quoi donc?
MAURICE
La femme que vous ôtes.
GENEVIÈVE
Vraiment.
MATRICE
Vos yeux vous trahissent.
GENEVIÈVE
Les yeux trompent souvent.
MAIRICE
Pas les vôtres. Il y a des yeux faux, des yeux perfides, des yeux menteurs et des yeux comédiens... 11 y a des yeux sincères... et les vôtres le sont à ce point que lorsque vous dites un mensonge, ils sourient malgré eux, semblent ainsi démentir les paroles quo votre bouche n prononcées.
(.KNEVIÈVE
Non, mon cher ami.