ACTE PUEMIEIl
MAUKICE
Si, ma chère Geneviève, car au fond vous êtes une sentimentale.
GENEVIÈVE
Moi!
MAURICE
Oui, VOUS. Vous parliez tout à l'heure de vos chagrins passés. Un jour viendra où vous les oublierez tous.
GENEVIÈVE
Ce jour-là, je saurai m'éloigner.
MAURICE
S'éloigner, c'est déjà un premier aveu... C'est souvent se rapprocher davantage.
GENEVIÈVE
-Mais je ne suis plus jeune, mon ami!
MAURICE
La femme qui se donne parce qu'elle aime a toujours vingt ans !
(iENEVIÈVE
Ce sont de jolies phrases !
M A LU ici:
Ce sont des vérités. Ponsor, tuniei- o( souiïrir, mais c'est toute la vie !
90 I/AGE D'AIMKR
GENEVIÈVE
Voyez-vous cela.
MAUHICE
Ne riez pas. Vous vous imaginez avoir uue volonté de fer, je suis persuadé que vous n'en avez aucune.
GENEVIÈVE
Ah!
MAURICE, se rapprochant de plus en plus.
Aucune. Vous devez être d'une sensibilité exquise, j'en suis sûr, et je ne crois pas me tromper en vous affirmant qu'il doit falloir bien peu de chose pour vous faire plaisir, et bien peu de chose aussi pour vous faire pleurer.
GENEVIÈVE
C'est vrai.
Chez vous, ce ne sont pas les sens qui jouent le premier rôle... C'est votre cœur qui tient la grande vedette...
GENEVIÈVE
C'est vrai.
Telle femme qui a donné sa bouche n'a rien donné encore... Quand vous l'avez donnée, vous, Geneviève, c'est un traité d'amour que vous avez signé-