ACTE TROISIEME
sent pas pourraient sTmaginer que tu es un pou jalouse...
Moi ?
GENEVIÈVE
... Ceux qui te connaissent comme moi savent parfaitement qu'il n'en est rien. ïu es belle, tu es j( une, sûre de toi.
ISAUliLLE
Je t'en prie...
GENEVIÈVE
Remarque que ce ne sont pas des compliments que je te fais. Nous avons toujours eu, Dieu merci,ia bonne babitude de nous dire nos vérités. En veux-tu d'autres?
ISA m: [.LE Mais...
ge:neviève
L'an dernier, chez Tavornay, à pareille époque, Maurice me laissait souvent seule pour aller à Paris. Des aiïaires embrouillées l'y appelaient, paraît-il. Un beau matin cependant, il m'annonça sans môme que je l'interroge qu'il ne me quitterait plus. Ce fut alors que tu vins nous rejoindre Tu t'en souviens, n'est-ce pas?
ISAUELLr,
Oui, mais je ne saisis pas.
(.i: m:\ik M::
Tu vas saisir. A peine arrivée, mais à peine, lu m'entends ? Tu me pris à part et tu me posas la môme question que celle que tu m'as posée il y a deux minutes : « T'aimo-t-il beaucoup? »
ISABELLi:
Oui, eh bien?
GENEVIÈVE
Je te répondis, oui... et ce « oui » lit passer sur tf^s If^vn^'^ un sourire indéfinissable.
ISABELLE
CnmnifMil, nn ^onrin»?
GK.NKMIA i:
Indéfinissable, je te le jure. J'ajoute que je ne t'en ai pas voulu et que je ne t'en veux pas. Cependant, je puis te l'avouer maintenant, sans loi je n'aurais peut-être jamais rien su.
ISABELLE, sèchement.
Mais je ne t'ai rien dit.
GENEVIÈVE, sécliauffant.
C'est bien ce que je te reproche. En te taisant, tu m'en disais bien davantage.
ISABELLE
Écoute, ma chère amie, c'est admirable! Non, non, je t'en prie, ne jouons plus sur les mots! Que tu sois nerveuse, inquiète, je le comprends...