LE MATIN
Les volets se sont élarg'is sous mes deux mains . Le ciel est gris et doux. L'étoile du matin Scintille. Les rameaux des tilleuls sont humides. L'eau perle lentement sous les feuilles plaintives. La lune paresseuse éclaire le fruitier.
Dans les ténèbres, on entend le jardinier, Auprès de la fraîcheur massive des tonnelles, Enfoncer dans la terre argileuse sa bêche.
Sous le ciel nuageux s'éveillent les odeurs De la terre, du temps, de la pluie et des fleurs. Les treilles du verger dorent l'ombre incertaine ; L'eau coule entre les colonnes de la fontaine. Les reflets de l'aurore ont doré le bassin Sous les cèdres légers bleuis par le matin.
8o l'âge d'or
Sur les murs, où déjà les ombres se font claires, Mêlée aux troncs noueux des vig-nes* centenaires, La g'iycine aux fleurs bleues entourant la maison Laisse tomber des gouttes d*eau sur le balcon, De ses grappes d'azur et de ses blonds feuillages Entourés de vapeurs et d'abeilles sauvages.
Entends, toujours avec la même volupté, Chanter les rossignols dans l'aurore d'été.
LE MATIN 8l