LE FLEUVE
Il est des sites que ma voix n a pas chantés, Car, bien souvent, devant la nature elle tremble Gomme devant tes eaux et tes bords enchantés, Fleuve aux légers ramiers de saules et de trembles.
Dans l'ombre fraîche au pied escarpé des coteaux, Les eaux du fleuve aux moires sombres et gelées Frôlant, dans les vapeurs du matin, les roseaux Par le ciel qui pâlit sont encore étoilées.
gS l'aoe d'or
Sur les bateaux, aux lourdes perches amarrés, Tirant sur leur outil d'un long geste inlassable, Avec leurs torses nus par Taurore éclairés, Peinent, dans le levant, les grands pécheurs de sable.
Les vergers arrosés font des clos de fraîcheur ; Les cimes des coteaux ont de vermeilles lignes, L*ombre est bleue et la terre est humide d'odeurs. La rosée, en perlant, luit aux feuilles des vignes.
Les arbres ruisselants montent dans le matin. Ils sont dans un air vierge et serein qui les dore. Sur des pentes en fleurs de genêts et de thyms, Lorsque le rossignol lance son chant sonore.
Dans les brouillards légers la ville aux briques d'or. Avec ses dômes et ses tours, ses clochers roses. S'éveille, dans l'aurore, ô fleuve, sur ton bord, i tes eaux dans les quais de briques se reposent.
LE FLKUVK 09
Et, du côté du sud, c'est Timmense horizon, Les g-org-es et les pics d'azur des Pyrénées Qui dominent la plaine bleue et la moisson De ces g-laciers lointains, Garonne, où tu es née.
Ce que j*ai de meilleur. Pays, je te le dois.
Beau fleuve lumineux et sorti de l'aurore,
Dans tes bois de ramiers, près des eaux, que de fois
J'écoutai dans le ciel tonner l'autan sonore !