‹ L'age d'orChapitre 15 sur 48 · LE SOMMEIL DANS LA VIGNE · texte numérisé non relu

LE SOMMEIL DANS LA VIGNE

La terre est sous le feu de midi ; les collines

Offrent au chaud soleil de la fin de Tété

Le domaine doré qui sera récolté

Avant qu'octobre et les nuits froides ne rougissent

Les vignobles du clos de pampres éclatants.

Les arbres arrosés à rapproche des nuits,

Grâce au travail du vieux jardinier vig'ilant,

Qui sait qu'il ne faut pas durcir le sol brûlant

En jetant Teau durant la chaleur des journées,

Ont les rameaux courbés sous la lourdeur des fruits.

Bientôt, au cœur des grandes branches inclinées,

Les hommes lanceront les fruits mûrs aux cueilleuses.

Les poires pendent dans les ombres lumineuses ;

Les pommiers font des dômes noirs, les néfliers

I04 l'âge t)'OR

Et les azeroliers d'arg'ent et les figuiers

Et, le long" des murs blancs, les muscats et les pampres

Sont inondés de la lumière de septembre !

Alors, tandis que le ciel brûle et qu*aux lointains

De la plaine éblouit la blancheur des chemins,

Je m'éloigne et je vais à l'ombre de la vigne

Dont les sillons brillent au pied de la colline.

Elle est comme un grand lac de lumière et de feu,

Sous la splendeur tremblante et chaude du ciel bleu.

Dans Tombre, autour des raisins, chantent les abeilles.

Un rayon glisse et, par place, luisent les pierres .

Il y reste toujours un peu d'humidité.

Même sous la torpeur aride de l'été.

C'est là que mes deux mains autour du cou, ma tête

Reposant sur le lit incliné de la terre.

Mes yeux ouverts à ces merveilles et blessés

Des vibrantes clartés qui baignent ces fossés

Tour à tour d'or, de nuits, de lumières et d'ombres

Où éclatent de purs calcaires blancs et roses,

Sous les rameaux où tout le ciel jusqu'aux coteaux

Étincelle nu de nuages et d'oiseaux,

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