LE SOMMEIL D.\NS LA VIGNE
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Et mon corps soudain mis au jour et ma poitrine Et mon ventre baignés de lumière divine, C'est là, que sur le sol, de la nuque au talon, Tandis que, sous mes pieds, descend Tardent sillon. Tout mon front caressé par Tazur des feuillages. Je regarde brûler la terre par les branches.
Sous les coteaux où Tair ruisselle en avalanche. Ma maison est là-bas, demeure calme et blanche. Elle est toute entourée par des champs de figuiers. Devant le seuil, brûlent les flammes des lauriers. Ils sont dans Fair d'été, comme dans des fumées Et ce sont les gardiens des portes bien-aimées. Les arbres toujours verts, les chênes et les pins Montent dans Tazur lourd, sur les murs des jardins, La pompe dresse, sur ses anciennes colonnes, Sa voûte sombre et ses glycines en couronnes ; L'air tremble, la chaux brûle et le mur resplendit Voluptueusement au baiser de midi.
Les trous de briques sont pleins de ruches sauvages, Elles abeilles chantent sur. les noirs feuillages Du vieux lierre qui court sous l'auvent du toit d'or<
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On les entend du fond du calme corridor,
Et, si j étais dans ma maison fraîche et fermée,
Couché dans mon grand lit plein d'ombre parfumée,
Par le charme subtil d'une lointaine odeur,
Je les écouterais chanter dans la chaleur
Et dans l'air enflammé sur les fleurs du parterre.
Les voix des serviteurs se sont tues et ma mère
S'est sans doute endormie [au cœur des rideaux blancs.
Le soleil fait craquer les contrevents brillants.
L'ombre est douce et l'on sent des briques arrosées
Monter une fraîcheur et l'azur des croisées
Sur le blanc carrelage allonge sa clarté.
Mais laissant la maison fraîche même en été,
Et pour m'enorgueillir d'un rêve solitaire
J'ai préféré dormir sur le cœur de la terre !
Les guêpes ont passé dans mes songes divins.
Je les force parfois à fuir avec mes mains Loin de mes cheveux noirs sur mes tempes suantes. Elles partent en brusques troupes frémissantes Par des trous, vers le ciel immense de Tété.
Je n'entends plus alors que quelque fruit gâté