‹ L'age d'orChapitre 20 sur 48 · LES MOISSONNEURS · texte numérisé non relu

LES MOISSONNEURS

Dans le matin limpide où brillent les rochers, Sur les pentes à pic qui donnent le vertige, Les grandes faux dont Téclair vole dans les tig-es, Abattent le blé mûr dont les champs sont jonchés.

Ceinture pourpre, veste à bas, chemise blanche, Sous rombre des bérets, leurs durs regards ardents Suivent Tacier tombant dans le méteil brillant Qui croule, devant eux, comme des avalanches.

Leur front jaune barré par des foulards de sang, Les femmes, derrière eux, avancent patiemment, Prennent les pailles et les lient en belles gerbes.

Un moissonneur lève une cruche dans sa main Et, tandis qu'au soleil brûlent les monts superbes. Dans sa bouche, il reçoit un long filet de vin.

i36 l'âge d'or

LES BERGERS

Le monde sort de Tombre et, sur les grands plateaux Où les vents de la nuit passent sur les pelouses, Les bruyères en fleurs et les champs d'herbes rousses, C'est, dans Taube, l'obscur mouvement des troupeaux.

Les glaciers au lointain s'érigent de la nuit. Les hauts pics de granit s'allument dans l'aurore. La ligne des sommets encore bleus se dore.

L'étoile du matin est la seule qui luit.

Dans les gorges d'azur fument les sapinières Qui se dévoilent aux naissances des lumières. Parfois des bêlements, puis le vent éternel..

Les troupeaux de brebis, sur les gazons bleuâtres. Poussés par de grands chiens, viennent manger du sel, Dans des tables de roc sous le regard des pâtres.

LES MONTAGNARDS iSy

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