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VALLÉE D'AURE

A Henri Rachou^

Le soir vient ; les sommets sont éclairés encore Ainsi que les glaciers qu'un dernier rayon dore j Mais, aux pieds des forêts, déjà Tombre s'étend. Sérénité du soir paisible ; Ton entend Les cloches des troupeaux descendant aux villages. Sur le ciel qui pâlit planent de beaux nuages ; Les astres naissent et scintillent sur les monts ; Tout s'enveloppe d'ombre et de calme profonds. Pour vivre de pareils moments d'immense joie, L'homme peut supporter la douleur qui le ploie Et, fier de se sentir égal à la beauté Du monde qu'il comprend, à la sérénité

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De la nuit qui descend au pied des grandes cimes,

Tandis que son cœur bat d'émotions sublimes,

Il peut, heureux et fier, contempler son destin;

Car, en lui-même alors grandit Têtre divin.

soirs, ô monts, je sens mon âme, à jamais pure.

Ce qui restait en moi d'une tristesse obscure

Disparaît et mon cœur en est vivifié

Comme les pics sont par le soir purifiés.

Les rivières d'argent ténébreuses et fraîches

Rêvent sous les rameaux des branches qui s'abaissent,

Les angélus, de tous côtés, à l'infini.

Se répondent dans l'ombre et les monts de granit,

Au-dessus des forêts qui noircissent les pentes,

S'élèvent dans l'éther de la nuit transparente.

LES GŒURS UNIS

CHANT D*ÀMITIÉ

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