‹ L'age d'orChapitre 39 sur 48 · T.* AUTOMNE · texte numérisé non relu

T.* AUTOMNE

Surg-is avec l'élan de leurs épaules fortes,

Dans les grands chais ombreux, et sur le seuil vermeil.

Les porteurs ont paru, revêtus de soleil,

Lég-ers et beaux sous le poids grave des comportes.

Les bras rouges de jus ont levé sans effort.

Au-dessus du fouloir, les comportes de grappes Et, soudain, avec bruit, sur les planches qu'ils frappent. Roulent les raisins mûrs, couleur de sang et d'or.

Un rayon de soleil glissant parles poutrelles Eclaire le broyeur au milieu des raisins Qui chasse, de ses mains puissantes, les essaims Tourbillonnant autour du prçssoir, des abeilles.

Ses pieds alteraatifs broient la vendange claire. Il est ivre de joie ; il chante éperdument, Et, dans sa chair, il sent s*élever par moment Un tremblement divin qui monte de la terre.

Sur la cuve sonore où gonflent les raisins On entend le bruit sourd qui sort de la vendange. G*est pour Thomme enivré comme la voix étrange D*une rumeur marine entendue au lointain.

La lumière mourante entoure la ravine, Et c'est rheure où la vigne exhale ses odeurs. Dans les rayons du soir chantent les vendangeurs Et leurs chants sont portés de colline en colline.

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