L* AUTOMNE
La plaine qui bleuit sous les couches de Tair, Avec ses champs, Téclat du fleuve, les villages. Semble une mer où les courants près des rivag'es Scintillent, au couchant, dans un beau g'olfe clair.
Le large soir est plein de lueurs merveilleuses . Tandis que le soleil couvre l'immensité, Ici, l'ombre s'étend avec sérénité Sur les sillons où vont encore les cueilleuses.
Des rayons de soleil glissent autour du bois Sur la terre en labour et les meules de paille Et mettent un dernier reflet sur les murailles Du colombier brillant sur les tuiles des toits.
Au claquement des fouets vont les bêtes fumantes Tirant, dans les chemins, les masses des chars lourds. Le cuivre des colliers retient encor du jour. Le soleil meurt au fond des comportes sanglantes.
Le char a disparu . Le soir éteint les bruits.
Le ciel blanchit et luit d'une pâleur lunaire.
Un grand recueillement s'élève de la terre.
Les chœurs de vendangeurs s'éloignent dans la nuit.