SOIRS D'ÉTÉ
Ce n'était pas la nuit ; Theure était défaillante. La lumière mourait sur les tuiles brillantes. « Salut, ô jeune été! » disions-nous dans nos cœurs. Dans le parc s'enfuyaient les robes de nos sœurs. Elles allaient au fond des ombres palpitantes. Une à une, compter les étoiles naissantes.
Une fièvre nouvelle avait troublé leur cœur.
Elles craignaient et désiraient quelque bonheur Et, se tenant les mains, rêveuses et craintives, Elles marchaient dans les lumières fugitives . (c Que nous réserves-tu ? Salut, ô jeune été I
aS l'âge d'or
Tes beaux fruits succulents sont pleins de volupté, Mais Texistence nous était douce et légère Et nous aimions dormir auprès de notre mère. » Elles rêvaient. Leurs seins se gonflaient de désirs. Elles s'abandonnaient, mais -leurs frêles soupirs Ne pouvaient pas sortir de leur gorge timide. Autour d'elles le crépuscule était humide ; Elles riaient, sentant leur beau châle mouillé. Elles rentraient enfin sur le chemin sablé.
On entendait venir leurs voix au fond des ombres. Elles marchaient auprès des corbeilles de roses Dont l'odeur se mêlait à celle des cyprès.
La noria tournait, et les noirs massifs frais Ruisselaient, dans le soir, sous le chaud arrosage ; Et la terre embaumait comme après un orage.
ÉVjOCATIONS