‹ L'age d'orChapitre 5 sur 48 · HIER SOIR · texte numérisé non relu

HIER SOIR

Hier soir, le vent d^autômne a long-temps murmuré.

Ce matin, le soleil est à peine doré.

C'est le temps d*allumer le foyer, ô ma mère.

Car nous allons mener notre existence austère,

De nouveau, dans la paix de la grande maison,

La neige s'étendra souvent à l'horizon.

Tu monteras parfois dans ma chambre d'étude.

Où je vis dans l'amère et douce solitude,

T'asseoir, dans un fauteuil, l'ouvrage dans tes mains.

Parfois levant les yeux vers tes beaux yeux sereins

Qui furent si souvent mouillés par les douleurs.

Dans cet instant où l'âme à i ame communie

Et se confond enfin dans la même harmonie,

Je les verrai rêver et se mêler de pleurs ;

Mais ce seront les larmes sœurs d'un beau sourire.

Bien souvent l 'arc-en-ciel se met soudain à luire

34 l'âge d'oï\

Sur les blés, à la fin de la pluie, en été.

Jamais l'espoir n'a fui de ton cœur dévasté ; Maintenant tu soutiens encore mon ouvrag-e De ta force paisible et de ton grand courag-e. J*aime te voir, l'hiver, des lueurs dans les doig-ts, Et je bénis l'hiver et la saison des froids Où l'esprit dans l'esprit plus intime se mire ; Car je trouve en levant les yeux, ton beau sourire, La douceur de tes yeux sans ombres et l'amour Qui me console de devoir mourir un jour.

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