NOVEMBRE
L'automne a de beaux soirs mouillés où les nuag^es, Laissant glisser entre eux de glorieux rayons, Font et défont, au ciel, de splendides mirages Sur les champs labourés où luisent les sillons.
Le vent en se levant berce les peupliers ; Les vignes, en mourant, sont roses et jaunies ; L'air est plein de douceur sur la plaine infinie. Où Ton entend, au loin, la chanson des rouliers.
Le chasseur qui revient s'enfonce dans la terre Et ses beaux chiens courants, avec leur robe claire, Se retournent, pour voir si leur maître les suit.
Ce sont toujours, au ciel, des richesses changeantes, Des étranges aspects, des formes attirantes.
Mais les champs reposés s'étendent dans la nuit.