CHAPITRE DEUXIÈME. J
de la précession d'une période lunaire. Les cinq jours épagomènes, qui suivaient le mois de Mesori et terminaient l'année^ étaient figurés, au contraire, par un groupe de signes dans lequel entraient les idées de ciel et de soleil, et distingués suivant leur ordre parles chiffres 1, 2, 3, 4 et5. Nous ne voulons pas dire que l'année de 360 jours fût une année lunaire ; sa division en trois saisons indique plutôt un commencement d'effort pour la faire concorder avec lesmouvements du soleil, tout en respectant la lunaison par esprit de religion. Mais c'était une année de compromis^ vague et incomplète, qui ne devint exclusivement solaire que par l'addition des cinq jours épngomènes. Nous aurons à rechercher le sens de ces singulières transitions (1).
(i) L'année de 360 jours seulement, sans épagomènes, a encore existé ailleurs qu'en Egypte. On la retrouve en Babylonie, où elle fut, comme sur les bords du Nil, la première forme de l'année solaire, ainsi que cela ressort de sa division originelle en 36 décades, ces décades représentées par les 36 décans communs aux Babyloniens et aux Égyptiens. On raconte, en outre, que, dans les Écritures des Babyloniens, on attribuait au palmier, qui était, comme nous le verrons dans la suite, un emblème cyclique en même temps qu'un emblème du Phénix, 360 vekus, ces 360 vertus représentant les jours de l'année. Cette même année de 360 jours fut d'un
En disant que la période sothiaque était de 1,460 années naturelles, nous ne faisons que nous conformer à la coutume de tous les astronomes qui se sont occupés de chronologie jusqu'au moment présent ; pour être dans le vrai, il faudrait plutôt dire que le cycle en question était de 1,460 années juliennes. Entre l'année julienne et l'année astronomique rigoureuse il y a, en effet, une légère différence, dont on ne s'est aperçu qu'avec le temps. Lorsque, en l'an 708 de Rome, 46 avant J.-C, Jules César, par les soins de Sosigène, astronome et mathématicien d'Alexandrie, afin de maintenir le retour régulier des équinoxes aux mêmes dates du calendrier, introduisit la fameuse réforme qui porte son nom, il supposa l'année de 365 jours 6 heures, trop longue, par conséquent, de près de 11 minutes, l'année tropique réelle étant de 365 jours 49 minutes 51 secondes. En l'an de J.-G. 325, le concile de Nicée, voulant fixer
usage général en Grèce jusqu'au sixième siècle avant notre ère, et l'on voit par la Genèse que les Israélites, dans le principe, n'en connaissaient pas d'autre, soit qu'ils l'eussent apportée de Chaldée ou d'Egypte.