CHAPITRE DEUXIÈME
nées juliennes de la période sothiaque sont environ de 1 1 jours de plus que 1 ,460 années du calendrier grégorien, et que, par conséquent, les dates données pour celles du lever héliaque de Sirius le 1" Thoth, au début de la période, n'ont ni le sens ni la portée qu'y ont attachés jusqu'ici les savants. Censorinus, dans l'ouvrage déjà cité, dit qu^une de ces périodes était échue sous le deuxième consulat d'Antonin le Pieux avec BruttiusPraesens, en 139 de notre ère, et qu'une nouvelle avait commencé le 20 juillet de cette' même année. De là les chronographes ont conclu que le grand cycle caniculaire échu en l'an 139 avait débuté en 1322 avant J.-C.^ le précédent en 2782 , un autre en 4242. Tout cela est rigoureusement déduit. Ce qui est beaucoup moins exact et qui même ne se comprend pas de la part d'hommes aussi éminents qu'Ideler et Lepsius, ce sont les calculs de ces savants. Nous venons de dire que Censorinus place au 20 juillet de l'an 139 de notre ère le début d'une nouvelle période sothiaque. Or, Ideler (1) affirme, pour avoir calculé lui-même les mouvements de Si-
(1) Recherches s«j' les Observations astronomiques des anciens.
rms,qiie, cette année-là, l'astre se leva le 20 juillet sous le parallèle d'Héliopolis à 7 heures du matin; en J 322 avant J.-C, le 19 juillet à 6 heures du soir, et en 2782, le 20 juillet, de nouveau dans la matinée. Lepsius (1) ne trouve rien à dire à ce compte et y souscrit.
Il n'est cependant pas possible que, dans ses calculs sur le lever héliaque de Sirius pour les années 1322 et 2782 avant Jésus-Christ, Ideler soit parti du calendrier julien : avec ce calendrier, qui ignore la précession des équinoxes, on n'a pas de base suffisante pour des calculs astronomiques de cette nature. Que l'on prenne d'ailleurs la période sothiaque pour ce qu'elle était en fait, sinon en principe, comme l'expression du retour du premier de l'an à l'équateur ou à l'un des tropiques, après un laps da 1,461 années vagues de 365 jours ; ou qu'on la prenne pour ce qu'elle se donnait, le temps que met Sirius à revenir se lever dans le crépuscule du matin à ce même premier de l'an, l'erreur du savant astronome est tout aussi grande. Dans le premier cas, en supposant, ce
: (1) Chronologie der Mgypter, I, p. 169.