‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 17 sur 93 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

qui, du reste, n'a pu être, que le lever liéliaque de Sirius, au début de chaque période, se soit effectué constamment le même jour du même mois, comme les 1,460 années du calendrier julien sont de onze jours plus longues que le même nombre d'années tropiques exactes, telles que les a établies définitivement la réforme grégorienne, s'il est bien vrai que, en 139 de notre ère, la réapparition de Sirius à l'aube du jour eut lieu le 20 juillet, l'astre aurait dû nécessairement, en 1322 avant Jésus-Christ, se lever 11 jours plus tôt, c'est-à-dire le 9. juillet, et en 2782, au commencement de la période antérieure, le 28 juin. Or, c'est tout le contraire qui a dû arriver : au lieu d'être ainsi en avance sur le temps solaire moyen, les levers héliaques, en effet, sont toujours en retard.

Nul doute que l'année civile égyptienne, toute vague et incomplète qu'elle fût, n'ait été une année tropique : la notation prouve, en effet, qu'elle avait originairement pour base les saisons. Gomment donc expliquer, avec cette année, qu'on parte du calendrier grégorien ou du calendrier julien, le retour constant d'une étoile

fixe à un même point du ciel par rapport au soleil, au bout d'une période de 1,460 ans, un même jour et sous un parallèle unique? On sait que le temps que met le soleil à revenir au point équinoxial d'oià on le suppose parti est moins long que celui qu'il met à faire, dans le zodiaque ou l'écliptique, son tour entier, pour se retrouver dans la même position relativement aux étoiles. Ce tour, qu'on appelle l'année sidérale par opposition à l'année tropique ou équinoxiale, est de 365 jours 6 heures 9 minutes 10 secondes. Il suit de là que, l'année julienne elle-même étant plus courte de près de 9 minutes et demie que cette dernière, les calculs d'Ideler, si l'on suppose qu'ils aient eu pour base le calendrier de Jules César, comme on pourrait le croire à première vue, offriraient, comparativement à l'hypothèse d'une base grégorienne une différence qui ne changerait rien à la nature de l'erreur.

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