CHAPITRE III
Il paraîtrait résulter de ce qui précède que la période sothiaque, en admettant qu'elle ait eu pour point de départ le lever héliaque de Sirius au premier jour du premier mois de l'année, aurait dû mettre à s'accomplir beaucoup plus de temps qu'on ne suppose. Cependant, nous avons des témoignages qui donnent tout à la fois à cette période la durée de 1,461 années civiles et pour début le lever héliaque de Sirius au premier jour du premier mois de l'année. Censorinus, qui écrivait vers la fin de la 100' année de la grande période dont nous avons constaté le début au 20 juillet de l'an 139 de notre ère, ainsi qu'il le déclare lui-même, dit expressément que la grande année appelée cynique par les Grecs, les Latins l'appelaient caniculaire,
« parce que le commencement de cette année se prend du lever matutinal de l'étoile de la Canicule, au premier jour du mois que les Égyptiens appellent Thoth. » D'autre part, Tacite rappelle le chiffre de* 1,461 comme étant celui des années que, suivant quelques-uns, dit-il, aurait vécu le Phénix (1), Il y a là une confasion évidente de la donnée sidérale avec la donnée tropique. Nous dirons ultérieurement comment cette confusion a dû se produire. Mais avant de pousser plus loin ce travail, il convient de rechercher l'origine de la dénomination de sothiaque donnée à la grande année caniculaire.
L'étoile de Sirius, dont le lever héliaque, d'après Censorinus, marquait le commencement de l'année, portait, en Egypte, le nomdeSothis: c'est du moins ainsi que les Grecs figuraient dans leur langue la prononciation du mot égyptien, telle qu'ils croyaient l'entendre. Plutarque écrit Sothis et Sothi, et il attribue à cette expression le sens de « grossesse » : « Dans les livres « appelés les livres d Hermès, dit-il, on trouve « écrit, au sujet des noms sacrés, que la puis- (1) Annales, VI, 28.