‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 19 sur 93 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

« sance qui préside à l'air est appelée par les « uns Osiris, par les autres Sarapis, par d'autres {( Sothi^ qui est le nom égyptien. Or ce dernier « mot signifie « grossesse » ou « être grosse » . (( En grec, il a pour équivalent kuêsis^ kuein, a d'où, par suite d'altération, on a appelé en grec « ki(o?i (( chien » , la constellation que l'on re- « garde comme spécialement consacrée à Isis (1).» Dans un autre endroit, Plutarque dit que les peuples d'Afrique se moquent des Égyptiens, traitant de fable ce qu'ils racontent de l'oryx, « à savoir que cet animal se met à crier au moment oii se lève l'étoile appelée en Egypte ^SoZ/^w et chez les Grecs Sirius. » Plusieurs autres auteurs, notamment Porphyre, écrivent Sothis également, en donnant ce nom comme étant celui de l'étoile de Sirius sur les bords du Nil. Nul doute, par conséquent, qu'il ne faille voir dans un autre mot que celui qu'a imaginé M. Laulh l'origine de la prononciation grecque en question. D'après ce savant égyptologue, la dénomination de Sothis serait dérivée de l'égyptien Sopd, qu'il dit avoir été le nom de Sirius dans cette langue. Outre {i) Dels. etOsir.,6[.

que cette dérivation est contredite par les lois phonétiques les plus élémentaires, nous ferons observer que, en copte^ où l'on a le composé à moitié g-rec Sounouhor «. Etoile du chien » , pour désigner Sirius, le mot schopsck, le même que le 5c»/;«? de M. Lauth, signifie ài^as et épaule et désigne probablement, comme dénomination stellaire, l'épaule ou p du Grand Chien, que l'on appelle aussi Mirzam et qui n'est qu'une étoile secondaire (1). Sothis, avec le rôle souverainement religieux qu'il jouait dans le système sidéral égyptien, ne pouvait être qu'un nom de divinité, caractère que n'a jamais eu le mot .sopd. En le détrônant, pour y substituer le composé sounouhor^ dont la première moitié est le nom grec lég-èrement déformé de la Canicule, les chrétiens Coptes ont, du reste, croyons-nous, suffisamment laissé entendre qu'ils le considéraient bien effectivement ainsi.

Le mot que lesGrecs prononçaient et écrivaient

(I) G. Zoega, Catalogus Codicum copt. manuscript., etc., p. 650, dit de Schopsch : Stella qusedam quœ eonjungitur cum Stella Canis. C'est de la signification du mot braehium et armus que nous dérivons l'application qui en est faite ici à Mirzam.

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