CHAPITRE TROISIÈME
précis : c'est Jéhovah qui crée Adam, et c'est des Elohim que procède Seth. Nous pouvons donc qualifier la première tradition de Jéhovite et la seconde d'Élohimite : celle-ci commune à la race chamito-sémitique tout entière, dans les diverses ramifications de laquelle s'est conservée la dénomination d'El, Eloh, Elohim et Elioun au pluriel, II, Ilou, Allah, etc., pour désigner l'Énergie divine, et celle-là, au contraire, exclusivement propre à une fraction de la race et s'appliquant, non plus comme terme générique, mais comme appellatif personnel, à un dieu de tribu, à l'archigète particulier de tel groupe de familles. Il est certain que Jéhovah, dont nous n'avons point à étudier ici l'origine, ne date dans le Sémitisme proprement dit et comme nom généralisé de Dieu que d'une époque comparativement récente : « J'ai apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, dit Jéhovah à Moïse, comme El-Schaddaï, mais mon nom de Jéhovah ne leur fut pas connu (1). » On lit, en effet, dans la Genèse (2), que, apparaissant un
(1) Exode, VI, 3.
[■l)Ihid., XVII, 1.
jour à Abraham, Dieu lui dit : « Je suis El-Schaddaï ; marche devant moi. » Et Isaac, avant de se séparer de son fils Jacob, qu'il envoie prendre femme en Mésopotamie, lui adresse ces paroles : « Qu'El-Schaddaï te bénisse, qu'il te rende fécond et te multiplie (1). » La ■ plupart des orientalistes voient dans ce Schaddaï le même dieu que Seth, en hébreu Schet, qu'ils identifient avec la dénomination de Sched, dont il sera question ultérieurement. Quoi qu'il en soit de cette identité, il demeure établi que Seth était à la fois un dieu des Chamites araméens et chananéens et des Chamites des bords du Nil. Il nous reste à prouver que, en Ég-ypte, c'était le même que Sothis et que, par conséquent, c'est bien de lui, ainsi que le dit Vettius Valens, que la période sothiaque a reçu son nom. Rappelons d'abord que, d'après les Rabb-ins^ Seth aurait le premier dénommé les signes célestes et trouvé la division de l'année (2) . D'autre part, voici ce que nous lisons dans Josèphe (3) :
(l)Gen., XXVIII, 3.
(2) Nork, Hehr. rabbin. Wôrterbuch, au mot Scheth.
(3) L. I, c. XI.