‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 23 sur 93 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

« On doit aux enfants de Seth la science de l'astrolog'ie ; et comme ils avaient appris d'Adam que le monde devait périr par l'eau ou parle feu, la crainte que cette science ne se perdît, leur donna l'idée de construire deux colonnes, l'une en brique, l'autre de pierre, sur lesquelles ils gravèrent les connaissances qu'ils avaient acquises, afin que, si un délug-e devait détruire la colonne de brique, celle de pierre demeurât pour conserver à la postérité la mémoire de ce qu'ils avaient écrit. »

Il y a déjà là un motif sérieux de présumer que, dans les souvenirs de la race chamitique, Seth était rattaché à l' origine même du calendrier national ; qu'il en était, en tant que dieu, le principe et la vie. Constatons que, sur les bords du Nil, du moins, c'était tout à fait cela.

A Tentyra ou Denderah, dans la Haute-Ég-ypte, il y avait un temple dédié à Hathor-Isis. Sur le toit du temple était une petite chapelle, où l'on montait par un escalier, le long duquel était représentée une grande procession de prêtres portant l'image de. la déesse. Cette cérémonie

figurait la présentation d'Isis au soleil, au moment oii il surgissait à l'horizon. C'était, dit Lauth, le lever héliaque de Sirius, l'étoile d'Isis, et la grande panégyrie du nouvel an. Le sanctuaire de Tentyra était donc, dans la Haute -Egypte, le correspondant de celui d'Héliopolis dans la Basse-Egypte : nous ver- • rons ultérieurement que c'est dans ce dernier qu'avait lieu le mystère apocalyptique du Phénix, une des formes de la période sothiaque. Un autre fait confirme cette identité d'origine mystique entre les deux sanctuaires. Au lieu de Tentyra, pour désigner la première de ces localités, on trouve un nombre infini de fois Anth. Mais Anth ou Anath n'est que le féminin d'An, qui était le nom même d'Héliopolis ou, plutôt, du dieu qu'on y adorait. Or, ce dieu^ An ou Sothis, était bien notre Seth lui-même ; dans une inscription citée par M. Brughsch (1), la déesse Anath figure comme dédoublement de ce dieu Seth, dont elle est le côté femelle, de même que l'Anath de Tentyra est le dédoublement de l'An ou On d'Héliopolis. H y a là une grande pré- (1) Geograph. Inschriften, t. I, p. 134.

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