‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 26 sur 93 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

pent donc, pour la plupart, quand ils considèrent le mythe osirien comme une histoire enveloppée de fable de la lutte des Égyptiens contre les Hyksos et leurs voisins de même race. On sait aujourd'hui que cette couche historique s'est superposée postérieurement aux Rhamsès, car, au temps de la dix-neuvième dynastie et durant une partie de la vingtième, plusieurs siècles après l'expulsion des pasteurs, Seth était encore un des dieux les plus honorés et les plus puissants, un dieu répandant la bénédiction et la vie sur l'Egypte, comme Nephthys était la dame miséricordieuse et secourable. Ce ne fut que vers la fm de la vingtième dynastie, à la suite de la révolution qui la renversa, qu'une réaction s'opéra contre Seth, devenu désormais le- frère ennemi d'Osiris, l'ennemi des dieux de l'Egypte. Tout porte à croire que cette révolution fut surtout religieuse ; car le dernier Rhamesside, auquel finit régulièrement la dynastie en question, a pour successeurs deux grands prêtres, et le chef de la vingt et unième était fils d'un simple particulier. A partir de cette époque, le nom de Seth ne figure plus sur. les mo-

numents, et il est gratté ou martelé sur la plupart de ceux qui appartiennent aux âges précédents. Ce qui prouve bien que Seth n'était pas seulement le dieu des Hyksos, c'est que, une fois passé à l'état de mauvais principe, il devint pour les Égyptiens le dieu de tous les étrangers, le dieu même des populations noires : dans une inscription on lit son nom accompagné du mot Nehes, ce qui donne le sens de « Seth des nègres (1). » La victoire d'Horus sur le dieu Seth est figurée, dans quelques monuments, d'une manière tout à fait caractéristique pour l'objet qui nous occupe ici. Une statuette du musée de Leyde représente le dieu vainqueur écrasant l'oryx sous ses pieds (2). Or, l'oryx était un symbole du dieu Seth (3), et, de plus, un animal dévot à la divinité de l'étoile de Sirius ou à Sothis. Les hiéroglyphes au-dessus du dieu à tête d'oryx donnent la prononciation S T, et les signes qui la figurent sont accompagnés de celui qui caractérise le dieu Seth et qui est une pierre (4).

(1) W. Pleyth, La Religion des 'Pré-Israèlites, pi. IV, fig. 6.

(2) \à..,iUd., p. 184.

(3) Id., ibid., p. 185.

(4) Brughsch, pi. XI, fig. 1

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