‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 30 sur 93 · CHAPITRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIÈME

du reste, prévu notre objection. Selon lui, par une combinaison singulière des éléments de position propres à Sirius, depuis plus de 3,000 ans avant l'ère chrétienne jusqu'à plusieurs siècles après le début de cette ère, l'intervalle de temps compris entre deux levers héliaques consécutifs de cette étoile, sous tous les parallèles de l'Egypte, étant calculé d'après les hypothèses de visibilité admises par lui, se trouverait presque exactement de 365 jours un quart, de sorte que la persistance de son lever héliaque à un même jour julien fixe, qui n'est qu'approximative pour les autres étoiles, aurait été tout à fait exacte pour celle-là seule, dans la longue étendue de temps que nous venons de dire. Il semblerait, d'après cela, que c'est du calendrier julien que Biot aurait fait usage pour les calculs en question; mais, nous le répétons, ce calendrier, n'ayant pas la rigoureuse exactitude qu'exige la supputation des mouvements célestes pendant une série de siècles, il nous répugne d'admettre qu'un savant aussi justement considéré en ait fait la base de ces mêmes calculs. Quant à l'hypothèse de la persistance du lever héliaque

de Sirius à un même jour julien fixe pendant tant de siècles, elle n'a pas été suffisamment justifiée. Ce qu'il y a de certain, c'est que ce lever, qui, en l'an 139 de notre ère, sous Antonin, eut lieu le 20 juillet, s'effectue aujourd'hui en Egypte, par suite de la précession solaire, vers le 10 août, et que, cinq mille ans en arrière, au XXXIIP siècle avant Jésus-Christ, d'après Ajasson de Grandsagne et d'autres savants (1), il avait lieu dans la dernière décade de juin, vers le 24 de ce mois, calendrier grégorien, suivant notre calcul. Que, à partir de cette date, il se soit produit tout à coup un écart de près d'un mois dans les conditions du lever de l'astre; que les éléments de position de Sirius aient été modifiés de manière à immobiliser en Egypte l'heure de ce lever durant tant de siècles, et qu'ensuite l'écart ait recommencé dans les mêmes proportions, c'est ce qu'on ne saurait accorder : ni le mouvement de précession, qui fait rétrograder Téquinoxe à travers les constellations, ni la nutation de la terre sur son axe, qui modifie ce mouvement rétrograde, en l'accélé-

(1) Uranographie, t. III, p. 60.

Page 1