CHAPITRE QUATRIÈME
rànt et le retardant périodiquement, ne sont de nature à faire cesser pour un temps quelconque, sur aucun point du globe, la différence qui existe entre l'année tropique et l'année sidérale. Cette différence, grâce à la variation périodique qu'éprouve la vitesse de l'équinoxe par suite de la nutation, peut être plus ou moins grande, mais elle n'est jamais détruite. Indépendamment de la précession des équinoxes, de la nutation de la terre sur son axe, de la diminution de l'obliquité de l'écliptique sur l'équateur et de l'aberration de la lumière, tout autant de causes qui peuvent modifier l'aspect général du ciel et les conditions de visibilité des astres, il y aurait bien aussi, pour expliquer les anomalies de la nature de celle que suppose Biot, le mouvement propre des étoiles; mais ce mouvement, qui, pour Sirius, serait de 3°, 43' en 10,000 ans, est très imparfaitement défini encore, et, le serait-il mieux, qu'on n'en pourrait conclure qu'un écart insignifiant dans la régularité des levers héliaques particuliers. L'hypothèse de Biot, basée sur un synchronisme approximatif des deux années tropique et sidérale sous certains parallèles ou
relativement à certaines étoiles pendant une durée de siècles, n'est donc pas admissible, et, conséquemment, le retour de la concordance du lever héliaque de Sirius avec le 1" Thoth d'une année vague de 365 jours sans bissexte, au terme d'une période de 1,460 années juliennes, concordance qui suppose la parfaite égalité de durée de l'année tropique et de l'année sidérale pendant tout ce temps-là, n'a pu se produire que dans l'imagination et n'a été imaginé que par suite d'une transformation de la donnée originelle de la période.
Dans son traité Des apparitions des fixes {i)^ Ptolémée, donnant les dates des levers et couchers héliaques en jours de l'année julienne, qui était alors en usage à Alexandrie, dit, il est vrai, qu'il a choisi cette forme de calendrier de préférence parce qu'elle ramène pendant plus longtemps les phénomènes célestes, sous chaque parallèle terrestre, aux jours de même dénomination ; mais il n'affirme pas .que
(1) «tâosi; aTrXavwv àjTsotov v.%\ auva"fu"^Yi ÈTtioïijj.aaeÎMv. C'est un
tableau des principaux phénomènes météorologiques et sidéraux de l'anaée, une sorte d'almanacli.