CHAPITRE QUATRIÈME
à l'origine, cette rencontre n'ayant pas existé, il n'a pu y être pris garde. Du reste, il ressort, d'autre part, de l'ordre des saisons et du symbolisme de leur notation, tels que nous les avons indiqués plus haut, que la période a dû commencer à un premier Thoth de la saison des pousses : nous dirons un peu plus loin dans quelles conditions. Mais comme, avec l'année vague égyptienne, le premier Thoth rétrogradait d'un jour tous les quatre ans, la notation cessait, au bout d'un certain temps, de répondre aux saisons naturelles, de sorte qu'on pouvait avoir, par exemple, à un moment donné, le signe des eaux pendant la moisson ou les semailles, quand les eaux n'étaient plus là. Or, en l'an 3285 avant J.-C, le commencement de l'inondation aurait effectivement concordé avec le premier Pachon, qui était le premier mois indiqué par le signe des eaux, si, cette année-là, le 20 juillet du calendrier julien, jour où M. Biot assure, d'après ses calculs, que, en Egypte, le soleil fut solsticial et que Sirius se leva avec lui, eût bien été véritablement le 20 juillet astronomique. Nous venons devoir qu'il n'en fut rien : ce n'est pas, en effet, à ce
20 juillet, mais au 24 juin que, en l'an 3285 avant notre ère, se place le 1" Pachon. Or, au .24 juin, on est, sur les bords du Nil, en pleine période étésienne ; l'inondation ne commence à être un peu sensible que lorsque les grands vents du Nord ont cessé, un mois plus tard. Dans tous les cas, un terme, essentiel selon nous, et dont la rencontre était, du reste, inconciliable avec le r' Pachon, manquerait à la liaison du système en question. Ce terme, constitutif de la période, c'est le commencement de l'année. Si, en 3283, le 1'^' Pachon était au solstice d'été, le P' Thoth, quatre mois plus tard, tombait en novembre : alors il n'y avait ni solstice ni inondation. Le 20 juillet de cette année-là, que l'on donne pour le commencement de la grande année divine, se trouvait donc pris au milieu d'un cycle commun et en usage, celui de l'année civile ordinaire. D'ailleurs, nous ne connaissons rien, ni dans les auteurs ni dans les monuments, qui autorise à dire que la concordance du lever héliaque de Sirius avec le solstice d'été ait jamais été en Egypte une date sacrée. C'est une hypothèse, ingénieuse peut-être, mais gratuite,