CHAPITRE QUATRIÈME
et les calculs deBiot, fussent-ils rigoureux, n'en conclueraient pas moins toujours en dehors de leur objet.
Outre que la triple rencontre signalée par ces calculs, en admettant qu'elle eût réellement eu lieu, serait tombée dans le cours d'un autre cycle , plus vulgaire, à la portée de tout le monde, et que, par conséquent, il n'aurait rien commencé pour la vue et le toucher des imaginations religieuses, elle ne se serait présentée que cette seule fois. En l'an 139 de notre ère, en effet, le 20 juillet de l'année julienne, qui répondait, -cette année-là, au 1" Thoth de l'année vague des Égyptiens, le lever héliaque de Sirius eut lieu près d'un mois après le solstice; 1,460 ans plus tôt, en 1322 avant Jésus-Christ, toujours le r' Thoth, il avait lieu quinze jours après ce même solstice , en 2782, quatre jours après le commencement de la crue des eaux, et enfin 1,460 ans encore plus en arrière, en 4244, douze jours • avant l'inondation. Comme c'est d'après le calendrier julien que ces dates sont données, l'anomalie du système n'en ressort que davantage.
Il nous paraît donc évident^ à tous les points
5i L'AGE DE DIEU.
de vue, qu'on n'a pu constituer un cycle aussi parfaitement ordonné que celui des 1,460 ans de la période sothiaque avec ces éléments accidentels. Du reste, en reportant à l'an 3285 le début du système, non seulement on n'a pas de commencement régulier concordant avec celui du cycle annuel, mais on n'a même pas un commencement de période, puisque cette année est simplementla 957' de la période de 4244 à 2782. Nous ne voyons par conséquent pas à quel titre possible l'an 3285 serait réputé point de départ, puisqu'il n'est le début de rien.
On pourrait être tenté de croire, après tout ce que nous venons de dire, que la période sothiaque n'a peut-être eu, au bout du compte, dans la forme oh. elle s'offre à nous, que le seul tour de l'an 1322 avant Jésus-Christ à l'an 139 de notre ère. Dans ce cas, sa systématisation en cette forme ne résulterait point de l'observation, mais d'un simple calcul, qui du reste était des plus faciles. De toutes façons, il n'y aurait que la forme qui serait nouvelle ; quant à la période, nul doute que l'origine n'en doive être reportée au delà des commencements historiques