CHAPITRE CINQUIÈME
aussi un des symboles, bien que symbole transformé, ainsi que nous le ferons voir, de Sothis comme soleil de nuit et soleil de jour. Par conséquent, la périodicité de ses métamorphoses désignait une forme de période cynique ou sothiaque,
La preuve que nous allons essayer de ces deux faits importants doit amener la conclusion que nous avons déjà fait pressentir, à savoir que le sidérisme, en Egypte comme ailleurs, se superposa, antérieurement à la royauté prépondérante du Soleil du jour^ à la Lune et à la Terre- Mère.
Les Grecs paraissent avoir appliqué , dans l'origine, le nom de Sirius (^eipioç), non seulement au Grand-Chien, mais encore au Soleil lui-même et à tous les astres. Sophocle le restreignait à la Canicule, mais Archiloque le donnait au Soleil (1). L'étymologie la plus probable de ce mot est le sanscrit sur. De là a été formé le substantif suras^ svryas^ identique au grec ceipioç, mais avec le sens de Soleil exclusivement. Le latin sol se rattache aussi à la même racine
(1) V. Hesychius. — Cf. Archiloque, fr. 63. — Ibykus, fr. 3.
sanscrite sur. Or, en confondant ainsi dans une même dénomination le Soleil avec la brillante étoile du Grand-Chien, les Grecs n'ont pas suivi une tradition aryenne; ils ont subi l'influence du dogmatisme asiatique. Dans toute l'Asie occidentale, en effet, le vrai soleil modérateur de la création paraît avoir été originairement Sirius, Le roi de la nuit était une source de chaleur et de vie; il était aussi une cause de mort. Il vivifiait et transformait. Le Soleil du jour tirait de lui toute sa force. C'était, du reste, un des dogmes fondamentaux du Sabéisme, que le principe du feu résidait dans les étoiles, plus particulièrement dans les brillantes constellations du Grand-Chien et d'Orion. Le feu sacré, descendu du Ciel à la prière de Zoroastre et que les Perses adoraient, venait de cette dernière (1). Suivant un système de correspondance reproduit au dernier siècle par Svedenborg, tout être, tout objet quelconque avait son type dans ce que l'on appelait en Perse son Ferver : les manifestations du jour n'étaient delà sorte que la reproduction des
(I) Ckm. B.ecogn. IV, 26, p. 176. — Chron. Pasch. , t. I,p. 67. = Malala, p. 18. - Cf. Cedrenus, t. I, p. 29.