CHAPITRE CINQUIÈME
drames originaux de la nuit, comme, plus tard, le monde physique en général ne fit que reproduire un monde moral archétype et éternel. Or, le type du Soleil du jour, parmi les énerg-ies nocturnes, réputées premières dans le Ghthonisme, fut une étoile quelconque un peu plus brillante que les autres ou même une planète, mais plus particulièrement une des étoiles d'Orion.
On n'a qu'ainsi la raison de ces étoiles ou planètes dites solaires, comme Mars solaire, Saturne solaire, tout à la fois soleils multiples de la nuit et soleil unique du jour. Baal, chez les Sémites, par exemple, était Saturne et le Soleil, Melkarth était Mars et le Soleil encore.
Sirius, suivant l'expression de Movers (I), allumait le Soleil du jour, qui lui devait sa chaleur. C'était un soleil typique. II semble dès lors tout naturel que le lever de la Canicule, au moment précis où pointe l'aurore, ce qu'on appelle son lever héliaque, passât pour une sorte d'enfantement solaire. Faire ensuite de la naissance du soleil diurne ainsi entendue un commence-
(1) Ed. der Ph., p. 405.
ment de période de calendrier, c'était une conclusion qui s'offrait d'elle-même à l'esprit naïf de gens pour lesquels une période astronomique représentait une vie astrale.
D'après ces données, constatons la nature tout à la fois solaire et cynique du Phénix. Nous avons vu plus haut que cet oiseau symbolique venait d'Orient, de la Phénicie ou de l'Arabie; qu'il avait la forme de l'aig-Ie, avec des plumes rouge et or imitant les rayons du soleil; qu'il portait le disque solaire sur la tête; que, au terme de sa vie, enfin, il se construisait un bûcher de bois aromatique, sur lequel il se plaçait, et que, après y avoir mis le feu et s'être ainsi brûlé lui-même, il renaissait de ses cendres le troisième jour.
Un des symboles solaires les plus communs en Orient, c'était l'aigle. vElien en donne une raison, qui n'est pas la véritable, mais qui confirme le fait. Ce serait, selon lui, à cause de la hardiesse de son vol, toujours dirigé contre l'astre du jour, dont il brave les rayons, que cet oiseau aurait été choisi de préférence pour symboliser le soleil. Il est beaucoup plus probable