‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 45 sur 93 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

qui, lui-même, peut devenir Assarakh, comme nous Tavons dit, en prenant l'adformante M, particulière au dialecte assyrien. Aussi Marcus Niebuhr identifie-t-il Sardanapale, comme nom du dernier roi d'Assyrie, avec le roi Sarakh (1). On a, pour signification du composé, le Grand Seigneur Assar oud'Awt^r, Ado?i n'étant autre que VAdonaï hébreu et le Bon punique, avec le sens de Seigneur, et la finale pal le qualificatif persan pala, grand, élevé. Il ressort de ces explications qu'Assarakh, ou Assar et Assur, l'aigle, est le même que Sardan, ou San-dan et Sandon.

Qu'était-ce donc que celui-ci ?

Nous ne pouvons entrer dans le détail de sa légende, étraDgère en partie à l'objet que nous avons en vue. 11 nous suffira d'en reproduire les traits caractéristiques. Sandon était un dieu soleil, et c'est comme tel qu'on le voit figurer, sur les monuments de Ninive, laLtant avec la massue contre le lion et d'autres animaux symboliques du Zodiaque. Aussi les Latins et les Grecs faisaient-ils de lui un Hercule (2), de même qu'ils

(1) Geschichte Assurés und Babel' s, p. 39.

(2) Tacite, Annales, 12, 13. — Agalhias, II, 24.

identifiaient encore à leur Hercule le Melkarth de Tyr, un autre Sandon symbolisé par l'aigle, avec caractère solaire parfaitement déterminé. Or, ce même Sandon, aigle et soleil tout à la fois par son étymologie et par ses attributs mystiques, rappelle par un des côtés les plus saillants de sa physionomie la périodicité cyclique du Phénix. Gomme celui-ci, au terme de sa carrière, il se sacrifiait volontairement sur un bûcher, qui le consumait, et de ses cendres il renaissait ensuite à une vie nouvelle. Le bûcher était une base carrée^ formée de troncs d'arbres et surmontée d'une pyramide, que couronnait un aigle aux ailes éployées, image de Sandon. Nous avons vu plus haut qu'Hérodote compare le phénix à l'aigle, pour la grandeur comme pour la forme, et que, d'après cet auteur, ainsi que d'après Achilles Tatius, le plumage de cet oiseau était couleur pourpre et or. Les mêmes nuances étaient aussi celles de la tunique du Sandon lydo-assyrien, et l'on sait que l'empereur Commode, quand il voulut poser pourHercule, s'affubla de ce costume (1) symbolique, à l'imitation deSardanapale.ARome, (l) Hérodien, I, d2.

Page 1