‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 46 sur 93 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

OÙ une pareille exhibition ne répondaità rien, et dans la personne d'un fou furieux comme Tindigne fils de Marc-Aurèle, ce ne pouvait être qu'une méprisable mascarade ; mais en Orient, oii les rois passaient pour des incarnations de la divinité, pour ses vivantes représentations, ses vicaires et ses papes, la robe de pourpre tissée d'or sur le dos d'un Sardanapale était un symbole au même degré que la plupart des ornements dont se compose le costume de cérémonie du sacerdoce catholique.

Tout concourt donc jusqu'ici à prouver que le Phénix d'Ég-ypte au plumage rouge et or était originairement le même que le dieu-aigle assyrien. Ovide fait, du reste, venir le Phénix d'Assyrie : aies quam Assyrii Phœnica vocanl (J). Un dernier trait complète l'identité en question. De même que le Phénix symbolisait tout à la fois le soleil et Sirius, Sandon était dieu solaire le jour, et la nuit il était Orion (2). Quant à la signification de l'aigle comme symbole de renaissance à

(1) ilM((m., XV, 393.

(2) Movers, 470 et suiv. — Otfr. Millier, Orion im Rheinischm Muséum, 11^ année.

une vie nouvelle et d'immortalité, on la retrouve jusque chez les Romains. Sur une foule de leurs tombeaux, en effet, on voit l'aigie s'élancer vers le ciel avec un diadème sur la tête, et dans beaucoup de médailles, frappées à l'occasion d'apothéoses impériales, le même oiseau figure emportant l'image des Césars déifiés ou, pour parler plus correctement, élevés au rang d'immortels. Quelquefois l'aigle n'emporte que la boule du monde oulebâton du commandement, mais l'idée n'est pas différente.

De ces faits il ressort que le Phénix était bien identique à l'aigle assyrien avec le sens de soleil du jour et de soleil de la nuit. Par conséquent, la périodicité symbolique de ses apparitions ne pouvait figurer qu'un cycle combiné de l'élément solaire et d'un autre élément pris parmi les brillantes étoiles d'Orion ou du Grand-Chien. L'aigle était, d'ailleurs, lui aussi, un symbole de période; car il n'est pas possible qu'il figurât la renaissance etl'immortalité autrement qu'à cause de quelque rénovation cyclique.

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