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CHAPITRE VI

Les éléments astronomiques dont se compose la période sothiaque^ le Soleil et Sirius, se retrouvant au fond du mythe du Phénix, il pourrait y avoir lieu d'inférer que le cycle de cinq cents ans a été, sinon le type, du moins le point de départ immédiat du grand cycle caniculaire. Par conséquent, nous devrions conclure que l'année de 365 jours, qui forme la base de ce dernier cycle^ n'est pas l'année égyptienne primitive. C'est, du reste, un fait établi par la tradition comme par les découvertes de lascience, que les Egyptiens n'ont pas toujours eu l'année que nous venons de dire. D'ailleurs, si la concordance du lever héliaquede Sirius au l"Thoth avec le début de la saison des pousses ou de la végétation est bien, comme nous l'avons dit, la

condition essentielle de la systématisation sothiaque, l'hypothèse d'une période de 1461 ans ayant commencé dans ces données doit paraître inadmissible. En effets la durée d'un tour complet de la notation, ou, en d'autres termes, le temps que les signes des saisons, avec Tannée trop courte dont il s'agit ici, mettent à faire leur mouvement, de manière à concorder de nouveau avec les saisons véritables, différant du temps que met le lever héliaque de Sirius à revenir, dans cette même période, à son point de départ, il est impossible que, dans l'Histoire, il y ait jamais eu accord entre les deux échéances. Étant supposé un cycle qui aurait commencé le 1" Thoth d^une première tétraménie d'accord avec l'ordre naturel des saisons, la rencontre des mêmes éléments ne se présenterait de nouveau qu'au bout d'un nombre infini de siècles, et encore ne serait-elle qu'approximative. Notre incompétence nous force à laisser aux savants astronomes le soin des calculs qu'il y aurait à faire pour ramener la concordance des débuts de l'année tropique, base des saisons, et de Tannée sidérale, avec la donnée d'un cycle semi-tropique et semi-

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sidéral comme était celui des 1460 années juliennes du système sothiaque.

En posant que, dans le principe et antérieurement à toute systématisation de périodes à longs termes, le T' Thoth a dû concorder avec le commencement de la saison figurée dans la notation par des pousses de plantes, nous ne restituons pas seulement à cette notation son véritable caractère, nous constatons encore en Egypte un fait général, que l'on rencontre partout, à l'origine des calendriers, celui du commencement de l'année au printemps. Un cycle, avons-nous dit, était une vie divine ; il débutait, par conséquent, comme débute la vie. Les solstices, il est vrai, chez bien des peuples anciens, ont aussi été pris pour points de départ, mais non pas au sortir des computs lunaires. Avant de faire entrer le calcul des mouvements du soleil dans le règlement de l'année, on y a d'abord compris les saisons. La systématisation par les saisons a précédé la périodicité solaire proprement dite : nous en avons un exemple en Egypte même.

Lepsius a déjà fait l'observation que l'année lunaire formait l'arrière-fond du calendrier

égyptien. Il aurait pu ajouter que tous les calendriers oîi figure la division par mois naturels ont eu la même origine. Si les révolutions apparentes du soleil donnent les saisons et l'année, les mouvements de la lune donnent seuls les mois. Les lunaisons sont dans la nature, par conséquent aussi les mois lunaires. Quant aux mois dits solaires, ce sont des divisions purement conventionnelles, dont l'idée ne serait peut-être jamais venue à l'esprit des hommes, du moins avec tant d'accord, si elles n'avaient eu les lunaisons pour base. En Egypte, la superposition du soleil à la lune, sous ce rapport, est établie d'ailleurs par une tradition fort curieuse. Voici cette tradition, telle que la donne Plutarque :

« On dit que Rhéa eut en secret et à la dérobée commerce avec Saturne. Le Soleil, s'en étant, néanmoins, aperçu, fut fort courroucé et maudit Rhéa, prononçant contre elle cette imprécation : (( Puisse-t-elle ne trouver ni dans le mois ni dans l'année un jour pour accoucher ! » Mais Hermès, qui était amoureux de la déesse, ayant joué aux dés avec la lune, lui gagna la soixante-douzième

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