CHAPITRE SIXIEME
partie (1) de chacune de ses manifestations et en fit cinq jours, qu'il ajouta aux 360 de l'année. Ce sont ces cinq jours que les Égyptiens nomment épag-omènes ; ils les célèbrent par des fêtes comme étant ceux où naquirent les dieux : le premier jour, Osiris. Au moment de la naissance de ce dieu, une voix fit entendre ces mots: u C'est le maître de toutes choses qui paraît à la lumière . » On raconte qu'un certain Pamylès, à Thèbes, puisant de l'eau dans le temple de Jupiter, entendit une voix qui lui ordonnait de crier de toutes ses forces : o Le grand roi, le bienfaisant Osiris, vient de naître; » que, pour cette raison, Cronos (Saturne) lui confia l'enfant et le chargea de l'élever, et que c'est en mémoire de cet événement qu'on célèbre la fête des Pamylies, qui ressemble à nos Phalléphories. Le deuxièmejour naquit Arouéris, que l'on appelle aussi Horus le Vieux; le troisième, Typhon ; le quatrième, Isis ; le cinquième, Nephthys. On ajoute qu'Osiris et Arouéris avaient été conçus du Soleil, Isis d'Her-
( I ) Des textes portent un 70*=, mais c'est une erreur ; 72 multiplié par 5 donnant exactement 360, c'est un 72^ qu'il faut lire.
mes,- Typhon et Nephthys de Cronos. Le troisième des jours épagomènes était considéré par les rois comme néfaste, parce que c'était celui oii naquit Typhon. On dit encore que Typhon fit de Nephthys sa femme; qu'Isis et Osiris, amoureux l'un de l'autre, s'étaient unis ensemble avant leur naissance et quand ils étaient encore cachés à la lumière dans le sein maternel. De cette union, au dire de quelques-uns, serait même né Arouéris, celui que les Égyptiens appellent Horas l'Ancien et les Grecs Apollon (1). »
Il ressort de là que, en Egypte, comme dans beaucoup d'autres pays du reste, il y avait, antérieurement à l'année de 365 jours, une année semi -solaire incomplète de 360 jours seulement, qui s'était développée de l'année lunaire et avait la prétention de mettre l'ordre des saisons, sinon le soleil, d'accord avec la lune. C'est le soleil, en effet, qui refuse toute place dans l'année aux cinq nouveaux venus ; l'année lui appartenait donc déjà. Gomme, d'ailleurs, c'est à la lune qu'Hermès gagne les cinq jours épagomè-
(I) De Is. etOsir., 12.