CHAPITRE SEPTIEME
Sii'ius, il s'opposa à cette même Isis dans la lune avec le caractère de dieu Lunus et de fécondateur. Le Phénix, comme emblème de Thoth, le dieu à tête d'ibis, doit donc figurer un ordre de choses cyclique à base lunaire, mais avec éléments solaires surajoutés, attendu que, sans ces éléments, ainsi que nous le dirons, il ne saurait y avoir de période de durée. D'après Manilius, dans le passage précité de Pline, le Phénix était l'image du grand cycle dont l'échéance ramenait la concordance des saisons avec l'état du ciel au début de la période ou, en d'autres termes, la concordance du 1" jour de l'année avec le commencement du printemps, au moment oii le soleil entrait dans le signe du Bélier. Aujourd'hui, par suite du mouvement rétrograde du nœud équinoxial, qui est d'environ un degré en 72 ans, le commencement du Bélier, considéré, non plus comme simple signe du zodiaque immobile, mais comme constellation dans le zodiaque étoile, ne répond plus à la première intersection de l'équateur etde l'écliptique, c'est-à-dire à l'équinoxe du printemps; mais il y a répondu
pendant une durée de près de vingt-deux siècles. Le commencement de l'année, en Egypte, à cet équinoxe est, du reste^ confirmé par des données traditionnelles, dont il nous suffira, pour en convaincre, de rappeler quelques-unes. Hérodote raconte que. Hercule voulant à tout prix voir Jupiter, qui refusait de se montrer à lui, le dieu imagina d'écorcher un bélier et de se revêtir de sa toison, en posant la tête de l'animal devant son propre visage. En cet état, il se fit voir à Hercule. « C'est pour cela, ajoute Hérodote, que les Égyptiens représentent Jupiter, qu'ils appellent Ammon, avec une tête de bélier. Les Thébains ne sacrifient donc pas les béliers, qu'ils considèrent comme sacrés ; une seule fois par an, le jour de la fête de Jupiter, ils en immolent un; ils l'écorchent, et ils revêtent de sa toison la statue du dieu, devant laquelle ils amènent celle d'Hercule. Cette cérémonie accomplie, tous les prêtres du temple se frappent la poitrine en signe de deuil, pleurant la mort du bélier (1). » Comme l'Hercule égyptien, quel que soit le dieu que les Grecs aient voulu désigner