L. II, C. XLII
CFIAPITRE SEPTIÈME. 91
par là, était un dieu solaire, tournant avec le soleil, de même qu'Hermès ou Toth tournait avec la lune, ainsi que s'exprime Plutarque (1), il n'est pas douteux que le mythe conservé par Hérodote ne doive s'entendre du passage du soleil dans la constellation du Bélier. Baur, qui interprète ainsi ce mythe (2), n'hésite même pas à y voirie type de la Pâque Israélite. D'autre part, Ovide, en rappelant le Jupiter Ammon « aux cornes recourbées des populations libyennes » , le qualifie de « chef du troupeau » des dieux fuyant devantTyphon sous des figures d'animaux, ce qui ne saurait s'entendre ici que des douze signes du zodiaque (3). Plutarque semble le reconnaître, en opposant Typhon, comme soleil brûlant du jour, aux astres réputés plus propices de la nuit. Le sacrifice du bélier et le deuil des prêtres sont d'ailleurs tout à fait caractéristiques. Dans les idées des anciens, le sacrifice était le principe de la vie ; c'était par lui que la vie s'entretenait. L'immolation à un dieu de l'animal
(1) De Is. etOsir., 41.
(2) Tub. Zeitschr., 1832, I, p. 42.
(3) Métam., V, 327.
qui lui était consacré ou qui le figurait était pour le dieu une sorte de transfusion d'élément vital homogène, qui le vivifiait : symbole qui, transporté dans le christianisme, y a élevé le sacrifice de la croix à l'état de mystère d'un dieu s'immolant à lui-même. De même que dans le Phénix renaissant de ses cendres, il faut donc voir dans le sacrifice du bélier au dieu « à cornes recourbées » l'image d'une fin et d'un renouvellement d'ordre cosmique ou de vie divine. Le deuil des prêtres se frappant la poitrine rappelle enfin trop clairement le deuil que l'on retrouve partout au terme de chaque période, pour douter que, dans le récit d'Hérodote, il s'agisse effectivement d'une reprise cyclique, Hygin dit positivement, du reste, d'après Hermippus, que l'Ammon d'Egypte était bien le môme que le bélier céleste , et il ajoute que, lorsque le soleil entrait dans ce signe, toutes choses renaissaient sur la terre, et c'était la saison du printemps. L'armée céleste se reformait, et Ammon, comme prince des douze constellations zodiacales, en prenait la conduite. Voici ce curieux passage :