CHAPITRE SEPTIÈME
(( Hermippus raconte que, au temps où Liber combattait en Afrique, son armée arriva dans un endroit, qui, à cause de la grande quantité de poussière, est appelé Ammodes. L'eau venant à manquer, l'armée menaçait de faire défection. Tandis qu'on était à se demander ce qu'on pouvait faire, un bélier errant se jeta tout à coup au milieu des soldats, qu'il se hâta d'éviter en prenant la fuite. Mais les soldats , qui l'avaient aperçu, quoique la poussière et la chaleur ralentissent leur marche, enflammés à la vue d'une proie à conquérir, suivirent le bélier jusqu'au lieu oii fut bâti ensuite le temple de Jupiter Ammon. Y étant arrivés, ils ne purent jamais retrouver le bélier qu'ils avaient poursuivi ; mais, ce qui valait mieux, ils rencontrèrent dans cet endroit une grande quantité d'eau. S' étant bien remis de leur fatigue, ils annoncèrent aussitôt la chose à Liber, qui, ravi, mena son armée de ce côté, éleva un temple à Jupiter Ammon avec une statue à tête de bélier, figura le bélier lui-même parmi les astres, de façon que, lorsque le soleil se trouverait dans ce signe, toutes les choses qui viennent dans la saison du printemps renaquis-
sent à la vie, à cause de ce que, par cette faite. Liber avait pu reformer son armée. Il voulut, en outre, qu'il fût le premier des douze signes, parce qu'il avait été le meilleur guide (1). »
Ammon était donc le bélier céleste, et l'entrée du soleil dans ce signe marquait bien le commencement d'une période, celui de la période annuelle. Lorsque nous disons que l'année égyptienne a débuté, dans le principe, à l'équinoxe du printemps, conformément à la notation hiéroglyphique, qui place le premier Thoth au commencement de la saison des pousses, cvm omnia nascentia recreantur, nous avons donc pour nous, outre le témoignage de cette notation, celui de données traditionnelles certaines.
En plaçantau 23 mars de la dix-neuvième année du règne de Tibère la mort de Jésus-Christ, pour le faire ressusciter le 25 mars, qu'il suppose être le jour de l'équinoxe, Gedrenus dit que ce jourlà, qui était celui de Pâques, le soleil entrait dans le signe du Bélier (2), et il ajoute que ce
(1) Hyg., Poeticon Astronomicon^ II, Arks.
(2) Eratque dies paschalis, quo sol ingressus est primum si- . gnum Arietis.