‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 55 sur 93 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

crépusculaire, où l'on aperçoit très distinctement ïsis trônant en souveraine absolue. C'est sur une base isiaque, en effet, que repose l'antique civilisation égyptienne. Or, Isis a d'abord été la nuit primordiale, du sein de laquelle tout est sorti, une vierge noire, nigra sed formosa ; puis elle a été la Terre-Mère, Vierge encore d'abord, avant que le mâle se posât; et quand est venu le sidérisme, corollaire de l'idée primitive de Chaos, elle a pris, dans la spécification du ciel nocturne, la première place, celle de Sirius, comme Reine des étoiles. Cette étoile, d'après Plutarque, avait la prééminence sur toutes les autres, même en Assyrie, oii Oromaze, dit l'auteur grec, l'avait établie souveraine du ciel (1). Enfin le mâle se pose, et Isis, mère fécondée, devient, sans sortir encore de ce même ciel nocturne^ l'associée du dieu Lunus. De la lune, dit Plutarque, partait une lumière fécondante, qui venait toucher Isis, dont la faculté génératrice était par là excitée. Comme Thoth, qui avait le croissant de la lune pour symbole, ainsi que nous l'avons déjà dit, fut

{\)Bels. etOsir., 47.

aussi ce dieu lunaire fécondant, quand Isis était seule dans Sirius, où elle l'avait remplacé, et avant qu'elle s'associât à Osiris-soleil ; comme, en outre, le mois qui portait le nom de ce même Thoth était également consacré à l'étoile isiaque, il y a lieu d'inférer, ce nous semble, que le commencement de notre période a eu pour point de départ la conjonction mystique des deux principes mâle et femelle, représentés en Egypte, celui-ci par Sothis, du genre féminin, celui-là par Thoth, du genre masculin : le mâle et la femelle issus ici du dédoublement d'un neutre primitif, dans lequel Thoth et Sothis ne faisaient qu'un. Ce que nous avons dit de la divinité An des Ghaldéens, à laquelle ce même Thoth-Seth avait été identique et dont nous allons retrouver la place en Egypte sur les lieux mêmes où venait se transformer le Phénix, prouve ce neutre originel et le dédoublement qui lui succéda (1). Considérée à ce point de vue, la période est un engendrement et se rattache de la sorte au système de transition du phallisme au sidérisme. Le temps, comme le monde, a son principe dans

(1) V. nos Origines de la Religion, t. Ij ch. v. ( ■■'

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