‹ L'âge de Dieu (annus Dei)Chapitre 56 sur 93 · CHAPITRE SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEME

un acte de génération : tel est le fait qui ressort de la manière dont l'idée de cause a nécessairement et fatalement été comprise par les premières spéculations religieuses. Nous sommes par là autorisé à émettre cette hypothèse, à savoir que, enÉg-ypte, le temps est né de l'union du dieu Lunus et de la Reine du ciel nocturne, ïsis ou le dédoublement femelle de Seth, et que ce symbolisme date de l'époque oii de la Mhre ïieutrius getieris, la Vierge-Mère, le Chthonisme passa à la Mère fécondée. Par analogie avec ce que nous venons de faire entendre pour le lever héliaque de Sirius ou conjonction matutinale des deux astres mâle et femelle précités, on peut donc supposer que l'union en question répondait à un moment oiî, conformément à la loi de rétrogadation des nœuds lunaires, il paraissait y avoir occultation passagère de l'étoile d'Isis, à son lever achronique, par la pleine lune. L'occultation, non pas une occultation astronomique rigoureuse, répondant au moment déterminé par le calcul où le centre de la lune passe à une distance de l'étoile égale à la somme du demi-diamètre et de la parallaxe horizontale,

soit 16' + 58' = r 14', — calcul dont les éléments faisaient tout à fait défaut aux anciens, — mais une simple occultation apparente , devait produire l'effet d'une compi^ession par obombration, comme dans le passage des Évangiles oii, au sujet de la conception de Jésus, il est dit de ];i Vierge que la « vertu du Très-Haut la couvrit de son ombre (1). » Or, cette obombration n'était réelle qu'à la pleine lune ; c'est pourquoi l'hypothèse du commencement de la période, à ce moment pascal nous parait préférable sous tous les rapports à celle d'un commencement à la néoménie. La première est, d'ailleurs, autorisée par la tradition dont la fête de Pâques a conservé le souvenir.

Si la mort du Phénix, comme le dit Pline dans le passage cité, signifie l échéance dune longue période à t équinoxe du printemps, celle d'Osiris, qui en est l'équivalent cosmique sous une autre forme, doit avoir la même signification. Or, d'après Plutarque, les Égyptiens, « qui plaçaient, dit-il, la puissance d'Osiris dans la lune et lui donnaient pour femme Isis, » supposaient que la mort du

{\) Luc, I, 3b.

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