CHAPITRE SEPTIÈME
haute antiquité, plus de vingt siècles avant notre ère. 11 est, du reste, certain que, antérieurement à l'an 417, Hérodote trouva en Egypte le soleil dans ce signe, qu'il occupait depuis longtemps déjà, ainsi qu'en témoignent la fable racontée par cet historien et celle, assurément très ancienne, que rappelle Hygin, d'après Hermippus (1). Eudoxe de Guide, qui vivait dans le quatrième siècle avant notre ère et avait été initié à la science de l'astronomie par les prêtres égyptiens, plaçait, à leur exemple sans doute, les points équinoxiaux et solsticiaux dans le milieu des signes, dont il reportait, par conséquent, le commencement à 15 degrés plus en deçà que nous ne le faisons nous autres, ce qui laisse supposer qu'ils avaient eu une autre forme et d'autres limites. H y a tout lieu de croire que c'était bien là la vraie manière de diviser le zodiaque en Egypte. Comme il n'est pas admissible qu'on ait procédé, à l'origine, dans la dénomination des signes zodiacaux, en partant de 15 degrés avant l'arrivée du soleil dans chacun de ces signes, il faut conclure que,
(1) Hérodote, II, 42, et Hygin., Poetkon Astronomicon, U, Aries . Voir à la page 93 de ce travail.
106 L'AGE DE DTEU.
du temps d'Eudoxe, le signe équînoxial était arrivé à peu près au milieu de sa véritable évolution. Les 15 degrés à compter avant les points équinoxiaux et solsticiaux étaient donc des degrés déjà parcourus. Lorsque Hipparque, deux siècles après Eudoxe, marqua le degré zéro du zodiaque et de l'équateurà l'intersection des deux cercles, il ne déplaça pas seulement des chitfres, comme le croit Delambre (1); ce fut une véritable réforme qu'il] introduisit ou consacra de son autorité. Il prit le ciel, en effet, dans l'état où il le trouva au moment de ses observations, d'aprèsune configuration zodiacale vague, et il fit sa carte en conséquence, mettant le commencement du Bélier au point d'intersection du zodiaque et del'écliptique du moment, sans tenir compte du passé de cette môme rétrocession des équinoxes, dont il a pourtant la gloire d'avoir découvert la loi. Le commencement du Bélier, qui, depuis la réforme d'Hipparque, est placé à l'an 417 avant J.-C, doit donc, quand il s'agit de chronologie égyptienne, être reporté au moins à 15 degrés en arrière, c'est-à-dire à l'an 1495. Par une sin- (1) Histoire de l'astronomie ancienne, t. I, p. 123.